Le Calcio Storico, tradition ou violence?

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Le football comme tout le monde sait a été créé en Angleterre, pourtant de nombreuses civilisations ont en communs différents sports ou jeu de balle qui ont tous une part dans la création du football. Voyons un peu les divers sports ou jeux s’apparentant ou ayant des points communs avec le football avant de s’intéresser par la suite exclusivement au calcio storico ou calcio florentin du nom de la ville où ce sport vit le jour.
Sous la dynastie Han au 2éme siècle avant JC, on pratiquait un sport qui s’appelait le  « cuju », il se jouait avec une boule de cuir remplie de plumes ou de cheveux. Le but de ce sport était d’envoyer la boule dans les filets qui étaient tendus par des poteaux en bambous. Plus tard l’armée impériale chinoise organisera la pratique de ce sport pour améliorer l’agressivité et la réactivité de ses soldats.
Six siècles plus tard au Japon, le kemari voit le jour, ce sport ne consiste plus à inscrire des buts mais à multiplier les échanges de passe entre joueurs sans que le ballon ne touche le sol.
Il n’y a pas qu’en Asie ou on retrouve des traces de jeu de balle, chez les olmèques et les mayas on pratique un jeu de balle à caractère rituel nommé le POK-A-TOK. Ce jeu se déroule sur un terrain délimité, 2 équipes s’affrontent avec une boule de caoutchouc, le but étant de faire passer la boule dans un mince anneau en se servant exclusivement de ses pieds.
Le vainqueur était couronné par la population par contre le perdant pouvait parfois être sacrifié. On retrouve des traces de ce sport au Mexique actuel à Chichén-itza.
En Europe, les premiers à avoir tâtés le ballon avec les pieds sont les athlètes grecs. Ce jeu qu’on appelle episkyros ou encore sferomachia consistait juste à dribbler ses adversaires, le ballon était une vulgaire vessie de porc enveloppée de cuir ou de balles de mousse en éponge naturelle.
Les romains pratiquaient aussi un jeu de balle mais qui s’apparente plus au rugby moderne et qui porte le nom de harpastum (déchirer avec force), on prétend même que César aurait pratiqué ce sport. Généralement ce sport était pratiqué par les légionnaires.
précieusement le ballon dans les moments critiques.
Les druides gaulois développèrent un autre sport le seault ou la soule. Au XII e siècle, cette soule d’origine gauloise s’étend un peu partout en Europe notamment en Angleterre.
Les règles sont basiques, une foule sans limitation de nombres se dispute une balle qui parfois se transforme en une tête arrachée pendant la partie à un adversaire, ce jeu de barbare peu durer plusieurs jours.
On tenta de l’interdire mais au final 500 ans plus tard, un directeur d’école écossais introduit ce sport dans son université. Le jeu s’adapte, on rétrécit le terrain, on proscrit les placages, les accrochages et évidemment les bagarres. De ces nouvelles règles une scission se créé avec les élèves d’une ville britannique, rugby, où les étudiants veulent maintenir la tradition du porter de ballon avec les mains et surtout maintenir l’agressivité des placages.
Après cette scission, en 1869 né dans une taverne la première organisation de foot à Londres : la «football association » qui regroupe tous les clubs de la région.
Par la suite jusqu’à aujourd’hui les règles continueront d’évoluer comme le nombre de joueurs, surement du aux nombres de lits dans les dortoirs britanniques 10 + 1 pour le surveillant, jusqu’au mondial de 70 au Mexique ou la dernière grande règle rentra en vigueur celle des cartons jaunes et rouges, le premier joueur averti fut un russe (Asatiani) lors de la rencontre URSS- Mexique. Comme nous venons de le voir, les britanniques ne sont pas les créateurs de ce jeu mais plutôt les codificateurs qui ont réussi à le rendre si passionnant et à l’imposer comme le sport numéro un.
Maintenant intéressons nous à un autre sport ou jeu, le calcio storico qui a donné son nom à l’actuel calcio, et dont nombres d’historiens le voient comme l’ancêtre du football.
Maintenant intéressons nous à un autre sport ou jeu, le calcio storico qui a donné son nom à l’actuel calcio, et dont nombres d’historiens le voient comme l’ancêtre du football.
Le calcio storico, calcio in livrea ou encore calcio in costume est né sur les rives de l’Arno à Florence, il est a priori issu des joutes de l’harpastum romain et aurait été introduit à florence par les légionnaires florentins. Ce sport à l’époque était pratiqué partout comme le foot aujourd’hui, dans toute la ville de florence on pouvait voir ainsi s’affronter des équipes dans les places et rues de la cité. Pour des problèmes évidents d’ordre public, on cantonna par la suite sa pratique aux grandes places de la ville. Les acteurs de ce jeu ont entre 18 et 45 ans et font souvent parti des nobles de la ville. La ferveur pour ce sport se prolongea jusqu’au 16e siècle mais le déclin lent commença, la dernière partie se jouera en janvier 1739.

La pratique de ce sport reste pourtant dans la mémoire collective de florence et de son patrimoine culturel, c’est grâce à cette mémoire que presque 200 ans plus tard, le calcio en costume revoit le jour. Les premières parties de l’ère moderne se déroulent en 1930 pour célébrer le 400éme anniversaire de l’occupation de la ville par les forces impériales, le spectacle fut organisé par le fasciste Alessandro Pavolini sur la piazza Santa Croce.
Ce premier tournoi de calcio storico regroupait les quatre principaux quartiers de la ville : les blancs (i bianchi) de Santo Spirito, les bleus (azzuri) de Santa Croce, les rouges (Rossi) de Santa Maria Novella et les verts (verdi) de San Giovanni. Tous ces clubs ont tous un rapport avec la paroisse de leurs quartiers mais les participants se battent surtout pour les couleurs de leurs quartiers respectifs.et aussi pour prouver leurs valeurs au combat. Même si ce sport semble dénué de toute règle, il est pourtant parfaitement réglementé(1).
Les parties durent 50 minutes, les équipes s’affrontent sur un terrain rectangulaire, une ligne blanche comme au football divise le terrain en deux. Sur la largeur du terrain, deux zones permettent à chaque équipe de marquer des points. Les équipes sont composés de 27 joueurs, 4 datori indietro qu’on pourrait comparer à des gardien, 3 datori innanzi qu’on pourrait assimiler a des troisièmes lignes de rugby, 5 milieux ensuite (mediani) qu’ on appelle sconciatori et enfin la ligne d’attaque composé de quinze avants baptisé corridori du fait que leur tache est de courir le plus loin possible avec le ballon. Le rôle des capitaines des deux équipes est primordiale ce sont d’abord eux qui doivent éviter les rixes et pacifier le jeu avant que les arbitres n’interviennent. Le staff arbitral est composé d’un juge arbitre et de 6 segnalinee qui sont la pour l’aider dans ses décisions.
Un juge commissaire est aussi présent mais le principal dépositaire de l’ordre du jeu est le « maestro di campo » c’est lui qui ordonne le début de la compétition et maintient la discipline sur le terrain pour éviter que le jeu ne se transforme en un pugilat généralisé, à tout moment il peut stopper la partie
.Le début de la partie commence avec un lancer de balle au milieu du terrain, les deux équipes se disputent la balle férocement, tous les coups sont permis du placage au technique de boxe pieds poings
les seules choses non autorisées sont les combats à 2 contre 1 et les attaques par derrière
Une  fois qu’une équipe s’empare du ballon elle doit le déposer dans l’en-but adverse, on appelle ca marquer la « caccia » (but). Chaque tir vaut un point et les tirs ratés qui heurtent les poteaux ou sortent du terrain offrent un demi point à l’adversaire.
Important à chaque but, les équipes se doivent de changer de coté comme au foot à la mi-temps d’un match.
L’équipe qui marque le plus de point gagne évidemment la partie et remporte un veau blanc de race chianina, le bovin typique de la région toscane
Les lieux les plus fréquents ou sont organisés les rencontres de calcio in costume sont la piazza Santo Spirito, la piazza Santa Maria Novella, le « Prato » et la piazza Santa Croce. Cette dernière est le lieu emblématique de ce jeu, c’est la que se déroule chaque année le « torneo dei quattro quartieri. »
es parties de calcio sont devenus mémorables et font parties de l’histoire de la ville. La plus mythique est celle de 1530, elle se joua à la piazza Santa Croce, cette partie symbolisa le courage des florentins contre l’armée qui les encerclait et aussi un acte de résistance contre le pape clément VII, furieux de la proclamation d’une république Florentine qui venait de chasser les Medici de la ville.
D Le pape réclama à l’empereur d’assiéger la ville avec ses troupes. Cette partie de calcio montra l’opposition et la résistance du peuple florentin contre la main mise de l’empereur et de l’église sur la future Italie. Affamé par le blocus imposé par l’armée impériale, le peuple florentin par provocation et pour montrer son courage décida quand même de fêter son traditionnel carnaval et évidemment de jouer une partie de calcio. La partie se joua sur la place Santa Croce visible par les troupes ennemies, des musiciens perchés sur les toits de l’église jouèrent de la musique aux rythmes de la partie qui se déroulait
. Les soldats tirèrent au canon mais le boulet tomba loin de l’église sous les huées de la foule, la partie alla tout de même à son terme. Personne ne se souvient du résultat, l’importance de la manifestation résidait surtout dans le courage de la foule à maintenir son quotidien sans se soucier des militaires qui étreignaient leur ville
D’autres parties sont restées comme un symbole celle de 1570 qui se joua à Rome en l’honneur de Cosme 1er de toscane. Celle de 1575 qui s’organisa à Lyon en l’honneur de Enrico III (Henri III), une autre moins importante mais qui prouve le coté traditionnel de ce jeu se déroula en 1584 pour le mariage de Eleonora di Medici et Vincenzo Gonzago où la fête inclus calcio storico et tradition espagnol avec la corrida. En 1998, pour la coupe du monde en France, une partie fut organisée sur la place Bellecourt à Lyon.

Ce sport brutal à eu de nombreux pratiquants célèbres au moyen âge La famille des Medici duc ou grand duc ont participé à ce jeu. Trois futurs papes se sont essayés à ces joutes, le pape Clémente VII, le pape Leone XI et le pape Urbano VIII, tous étaient issus de la famille des Medici.
Le calcio storico à notre époque connaît beaucoup de problèmes notamment de violence gratuite, la 1ere rencontre du tournoi 2006 opposant les bianchi et les azzuri a du être interrompu pour bagarre généralisée sur et en dehors du terrain. Le tournoi fut annulé comme celui de cette année pour des garanties insuffisantes question sécurités.
Beaucoup d’historiens du sport voient le calcio storico comme un ancêtre du football qui a influencé la création du sport le plus populaire au monde. D’autres voient ce jeu comme un relent du passé, un jeu traditionnel dénué de sens entretenu par une mémoire collective à la recherche de ses racines. Pour d’autres ce sport n’est qu’un exutoire ou l’homme libère ce qu’il a de plus mauvais en lui ou la violence sans limite est gratuite, un jeu de gladiateur où des hommes risquent leur vie pour offrir une parodie de spectacle à une foule avide de sang comme à l’époque des gladiateurs romains. Ce sport ou jeu continuera de faire parler de lui en bien ou en mal comme beaucoup d’autres héritages du passé et qui ne laissent pas indifférents les corridas, les combats de coq, le savika malgache, le gar wolof, le football australien ou le muay thai. Ces jeux ou sports que certains pensent barbare sont pour d’autres les fondations et piliers essentiels de leur culture et donc des traditions à faire perdurer pour ne pas perdre son identité propre.
Quelques liens pour en voir et en savoir plus sur le calcio storico :

(http://nuke.calciostoricofiorentino.com/RegolamentoCSF
/tabid/73/Default.aspx


http://www.youtube.com/watch?v=WsRqSNSjy3E
http://www.youtube.com/watch?v=mHEuHOBaTaw
http://www.youtube.com/watch?v=LTOTnDpWJAk
http://www.globeit.it/caf/
http://www.calciostorico.it/news/csf06_layhome_01.php?id_cat=4
http://www.catpress.com/calciostorico/index.htm