OM Olympique de Marseille

Championnat de France 2008/2009, Bordeaux malgré l'OM

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Comme un signe du destin, cette saison débute pourtant bien . Les Girondins arrachent enfin des pieds lyonnais leur premier Trophée des champions (0-0,t.a.b à 4), le 2 août 2008. Et entrent ainsi dans le cercle très fermé des clubs ayant remporté les quatre titres nationaux (avec Lyon, Monaco et le PSG). Alonso, Jemmali et Micoud partis, les arrivées de Yoan Gouffran et Yoann Gourcuff (vingt deux ans chacun) symbolisent les promesses d'une jeunesse triomphante. Mais, l'entame ébouriffante des "Yo-Yo" ne survit pas à l'été en pente douce des Bordelais, dixièmes au soir du 14 septembre.
Dès leur entrée en Ligue des champions, les Girondins affichent leur suffisance au niveau européen. Après avoir fustigé le comportement de leurs équipiers, coupables de prendre des clichés souvenirs sur la pelouse de Stamford Bridge, les cadres sombrent eux ausi sous la déferlante Blues de Chelsea (0-4, le 16 septembre). Les Girondins s'évitent leur première grosse crise en se disant leurs quatre vérités dans l'intimité du vestiaire dès leur retour d'Angleterre. Pendant que Johan Micoud officialise sa fin de carrière dans l'Equipe, le président, Jean-Louis Triaud vient sermonner les joueurs.
Au bord de l'implosion après les expulsions d'Alou Diarra (50e) et de Wendel (54e), Bordeaux réussit finalement le premier de ses nombreux coups d'éclat de la saison, quatre jours plus tard, à Grenoble (1-0). Entrée à la 57e, Jussié, qui n'avait pratiquement plus joué depuis sept mois, signe le but du renouveau à neuf minutes de la fin. Cette prouesse en forme de promesse en appellera d'autres. Mais pas tout de suite. Balayé sans démériter par l'AS Rome (1-3, le 1er octobre 2008, et 0-2, le 9 décembre 2008) en Ligue des champions, Bordeaux ne tient toujours pas le choc au sommet à Lyon (1-2, le 16 novembre). Triaud sent alors encore le besoin de secouer ses joueurs. Il leur intime l'ordre de remporter leurs trois derniers matches de l'année.
Mais les Girondins se présentent au stade Louis II en ayant déjà les valises dans le coffre de leurs voitures. Menés 0-3 à la 52e ils sont partis pour prendre une volée. Laurent Blanc décide alors de jouer son va-tout. Après avoir sorti Traoré et Fernando pour Chamakh et Jussié à la pause, il remplace Planus par Gouffran (72e). Bordeaux termine la partie sans milieu défensif et avec six joueurs offensifs. ce coaching osé va payer. Après lui avoir déjà mis un carton de six buts en une mi-temps la saison d'avant (6-0, le 7 février 2008) Bordeaux passe quatre buts à Monaco dans les trente-huit dernières minutes (4-3, le 21 décembre).
Cette partie sert de déclic à Chamakh. Auteur d'un doublé et d'une passe sur le but du succès signé Fernando Cavenaghi (à la 89e) le Marocain va enfin devenir à son tour une machine à marquer. L'OM ayant sombré un peu plus tôt dans l'après-midi chez lui, devant Nancy (0-3), Bordeaux boucle l'année 2008 en retrouvant son statut de gentil dauphin de Lyon.
L'OM se reprend dès la reprise en s'imposant à Auxerre 2 à 0.
Dès lors, les Olympiens vont concéder une seule défaite à Sochaux et réaliser un parcours exceptionnel jusqu'à l'annonce du départ d'Erik Gerets et un accroc à domicile face à Toulouse 2 à 2.
Laurent Blanc lui, a accordé des vacances rallongées à ses internationaux, une équipe bis ouvre la nouvelle année en se faisant éliminer de la Coupe de France dès son entrée (0-1, devant Saint-Etienne). Mais l'essentiel ne se trouve alors pas sur le terrain. Il se joue en coulisse. Après de rapides négociations, Bordeaux annonce la prolongation de contrat de deux ans de son entraîneur. Afin de lui donner une portée nationale, la cérémonie de signature se déroule exceptionnellement au siège parisien de M 6 actionnaire majoritaire du club le 26 janvier.
En attendant, celui des Girondins version 2008-2009 dérape dans un mauvais scénario.

Si, en fin de saison, les entraîneurs sur le départ voient leurs clubs en souffrance (Monaco, PSG et Rennes) le contraire se produit à Bordeaux après la prolongation de Blanc.

Erik Gerets lui, décidera de quitter l'OM à quelques journées de la fin, créant un petit malaise dans l'entourage du club Phocéen.
Les démonstrations de l'équipe devant le Paris-SG (4-0, le 11 janvier et L1 et 3-0 au Parc des Princes le 4 février, en demi-finales de la Coupe de la Ligue) sonnent paradoxalement et momentanément, le glas de ses nouvelles ambitions. Habitué jusque-là à vivre dans l'ombre de son rôle de chasseur, Bordeaux se voit soudain propulsé en pleine lumière. Il s'aveugle.
On lui fait porter l'habit du futur roi de France. Il se révèle encore trop grand pour lui.
Surtout qu'en décidant de combler son chômage technique de fin janvier (pour cause d'élimination prématurée en Coupe de France) par une mini-préparation physique Bordeaux se coupe les jambes.
Pendant ce temps, l'OM irrésistible s'impose come le dauphin de Lyon.
La victoire de l'OM au Vélodrome sur un but de la tête contre son camp de Chamakh (0-1 le 8 février) casse le moral des Girondins.
Bordeaux se trouve en cours d'un mois de février cauchemardesque (une victoire, quatre nuls et deux défaites, plus une élimination en seizièmes de finales de la Coupe de l'UEFA par Galatasaray, 0-0, 3-4). Gourcuff subit le contre coup de sa formidable première partie de saison . Cavenaghi s'est tu. Bref, Bordeaux se cherche et se perd au classement. Coupable de s'être vu trop beau, il est soudain vilain à voir jouer.
Malgré l'égalisation de Cavenaghi à la 90e minute à Saint-Etienne (1-1, le 22 février), les Girondins se trouvent désormais largués à la cinquième place.
Les Marseillais s'impose au Parc face au PSG et deviennent favoris du Championnat.
Bordeaux accuse huit points de retard sur le leader lyonnais au soir de la 25e journée. Un gouffre,. Il n'en comptait qu'un seul l'an passé à ce stade de la compétition.
Le club aquitain touche même le fond lors du derby de la Garonne (0-3, le 7 mars). Ils perd aussi Cavenaghi, blessé au genou dans un choc avec Carrasso, son meilleur buteur manquera deux mois.
Mais le grand paradoxe de Bordeaux dans cette saison réside dans le fait que s'il n'a pas su gérer la pression il a su faire preuve d'une déconcertante capacité de réaction. Il en apporte la démonstration tout au long du marathon final. Malgré les rechutes régulières de Jussié ou de Ramé, le vestiaire ne se disloque pas. Tous les joueurs font corps. Cet état d'esprit remarquable va sceller leur formidable remontée. Surtout, le Bordeaux de Blanc bat enfin Lyon dans le temps réglementaire (1-0, le 19 avril).
L'OM est premier mais sent la menace Girondine.
Décomplexé, Bordeaux accélère sa remontée vers les sommets. Il s'adjuge au passage son deuxième titre de la saison en étrillant Vannes (1-2) lors de la finale de la Coupe de la Ligue (4-0 le 26 avril) Plus rien à commencer par la blessure de Wendel au Stade de France, ne semble pouvoir l'arrêter. La prédiction de Laurent Blanc au sortir d'un hiver pénible se vérifie ; Gourcuff reverdit au printemps. Sous l'impulsion de son talent retrouvé, Bordeaux rétablit les situations les plus compromises. Menés d'entré à Rennes (0-1, 3-2) au coup de sifflet final,,à Valenciennes (0-1, 2-1) et devant Le Mans (0-3,3-2) les Girondins s'imposent à chaque fois grâce à des bus de son stratège devenu l'homme du money-time.
Ni l'annonce par Fernando et Chamakh de leur départ, ni les convoitises qu'attisent les performances répétées de Diawara et Diarra, ni les négociations entamées avec Gourcuff le 14 mai ne perturbent la quiétude du Haillan.
La force est en eux. Elle ne les quittera plus dans le sprint final.
Il est fatal aux Marseillais.
Après avoir joué des coudes avec les Bordelais, Lyon les met K.O. (1-3 le 17 mai)
Cette défaite de trop ouvre la voie royale au titre aux Girondins.
Désormais leaders pour de bon, ils ne craqueront pas.

Bordeaux gagne à Caen et l'OM bat Rennes 4 à 0 pour la dernière journée.

Bordeaux est Champion et l'OM pleure le départ de Gerets.
Didier Deschamps, l'autre taulier avec Laurent Blanc de l'équipe de France, Championne du Monde 1998, va devoir isser son équipe à la hauteur des Girondins la saison prochaine.