1982 France Allemagne 3 - 3 à Séville

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8 Juillet 1982
A Seville
France et RFA : 3 à 3 (4 tirs au but à 5)

70 000 spectateurs
Arbitre: M. Corver Pays-Bas
Buts : Platini (27eme sur penalty), Trésor (93'me), Giresse (99eme) pour la France
Littbarski (18eme), Rummenigge (103eme), Fischer (108eme) pour la RFA
France Ettori - Amoros, Janvion, Tresor, Bossis - Tigana, Giresse, Platini, Genghini puis Battiston puis Lopez - Rocheteau, Six -
RFA Schumacher - Kaltz, KH Forster, Stielike, Briegel puis Rummenigge - B Forster, Dremmler, Breitner, Magath puis Hrubesch - Fischer, Littbarski -
Dès le coup d'envoi, les Allemands mettent la pression sur des Français timorés, voire complexés. Aux montées puissantes de Paul Breitner, succèdent les séries de dribble de leur intenable ailier de poche Pierre Littbarski, tantôt à gauche, tantôt à droite.
Auteur d'un coup-franc qui s'écrase sur la barre transversale de Jean-Luc Ettori (17e minute), Littbarski ouvre logiquement la marque quelques instants plus tard en reprenant de loin un ballon repoussé par Ettori qui était préalablement sorti dans les pieds de Klaus Fischer, lancé de loin par Breitner. 1-0 pour l'Allemagne
Nullement troublés par l'ouverture du score allemande, les Français réagissent et commencent à hausser leur niveau de jeu. Jouant de plus en plus bas, les Allemands multiplient les fautes. Un coup franc tiré plein axe par Giresse trouve la tête de Platini, qui remise sur Rocheteau, lequel est grossièrement retenu par la taille par Bernhardt Forster dans les 16 mètres. L'arbitre, Monsieur Corver indique sans hésiter le point de penalty. Michel Platini embrasse le ballon, le pose sur le point de penalty et égalise d'une frappe puissante tirée à ras de terre comme à son habitude (27e). 1-1
De plus en plus pressants, les Français font le siège de la surface de réparation allemande, sans parvenir à véritablement inquiéter le portier allemand Harald Toni Schumacher, lequel, très agressif, se distingue en multipliant les fautes sur les joueurs français.
De retour des vestiaires, les français prennent les choses en mains marquant un but par Dominique Rocheteau, refusé pour une faute peu évidente sur Bernd Förster. Puis ils subissent une grosse déconvenue avec la sortie sur blessure de Bernard Genghini, touché à la cheville suite à un contact avec le libero allemand Stielike. Evoluant au milieu de terrain, Genghini est remplacé par Patrick Battiston, arrière latéral de nature, mais replacé pour la circonstance au milieu. Cette rentrée de Battiston n'est pas loin d'être décisive. Dès son entrée en jeu, il se distingue par une frappe lointaine.
Puis, quelques minutes plus tard, parfaitement lancé par une ouverture lumineuse de Michel Platini, Battiston se présente seul face au gardien allemand Harald Schumacher, sorti à sa rencontre. Le tir lobé de Battiston manque de peu le cadre, mais Schumacher poursuit sa course, et vient percuter Battiston avec une rare violence.
Gisant inconscient sur la pelouse, Battiston est évacué hors du terrain sur une civière accompagné par son ami Michel Platini. Pendant ce temps l'arbitre M. Corver se contente d'ordonner une remise en jeu en faveur de l'équipe allemande se rendant en partie responsable d'une des plus grandes injustices de l'histoire de la Coupe du Monde.
Les Français, révoltés, haussent encore d'un ton leur niveau de jeu, dominant outrageusement une équipe d'Allemagne, de plus en plus fébrile tandis que le public du stade Sanchez Pizjuan, qui hue Schumacher à chacune de ses interventions, prend fait et cause pour le football offensif des Bleus. Ils vont alors réaliser une deuxième mi-temps de toute beauté balayant les doutes qu'on pouvait avoir à leur égard.
Mais souvent maladroits dans les 16 mètres, les attaquants français se montrent incapables de concrétiser leurs nombreuses occasions et de prendre l'ascendant au tableau d'affichage.

La dernière minute du temps réglementaire est marquée par la violente frappe lointaine du latéral français Manuel Amoros qui s'écrase sur la barre transversale de Schumacher. Mais dans les arrêts de jeu, les Allemands se rappellent au bon souvenir de tous par un tir croisé qui oblige Ettori à réaliser une spectaculaire parade en deux temps.
La prolongation débute parfaitement pour la France. En position d'avant-centre, le stoppeur français Marius Trésor reprend de volée un coup franc excentré et donne l'avantage aux Bleus (93e). Toujours aussi offensifs, les Bleus continuent de déferler par vagues sur la défense allemande. À la 99e minute, Dominique Rocheteau remonte la balle sur l'aile droite, transmet à Platini qui renverse vers Didier Six sur la gauche. L'ailier gauche français temporise un peu et sert en retrait Alain Giresse qui décoche une frappe à la limite de la surface. La balle frappe le poteau avant de rentrer dans la cage allemande. L'image de la joie de Giresse courant ivre de bonheur tel un pantin désarticulé restera à jamais figée comme un grand moment du football français.
À 3-1, les Bleus semblent s'ouvrir la route vers la première finale de leur histoire, mais seulement quatre minutes après le but de Giresse, alors que les Bleus continuent toujours de camper dans les 16 mètres allemands, une première faute de Forster sur Giresse non sifflée puis une deuxième sur Platini, permet aux joueurs allemands de contre-attaquer : l'attaquant allemand Rummenigge, tout juste rentré en jeu, réduit le score (103e) en reprenant d'un revers du pied gauche un centre devant le but.
La rentrée en jeu de Rummenigge pose visiblement un véritable problème aux Bleus, incapables d'adapter leur organisation au renfort offensif des Allemands. Le match change soudain d'âme. Désormais, ce sont les offensives allemandes qui se multiplient tandis que les Français apparaissent débordés.
Confirmation dès l'entame de la seconde période des prolongations lorsque Fischer, démarqué dans la surface de réparation française, arrache l'égalisation d'un superbe retourné acrobatique (108e). La fin de la prolongation tourne au calvaire pour les Bleus, mais le score ne change plus. Pour la première fois de l'histoire de la Coupe du monde de football, un match va se jouer aux tirs au but.
Giresse, qui tourne ostensiblement le dos à Schumacher avant de s'élancer, est le premier joueur à tirer… et à marquer. Le capitaine Manfred Kaltz lui répond. Amoros machônne son chewing gum, prend deux pas d'élan et avec un exceptionnel sang froid trouve la lucarne de Schumacher.
C'est ensuite au tour du vétéran Breitner de ne pas trembler. Rocheteau inscrit le troisième tir français, avant que Stielike n'échoue face à Ettori.
L'allemand est alors effondré et se recroqueville sur lui même. Le réalisateur de la télévision espagnole est encore fixé sur Stielike, en larmes dans les bras de Littbarski, lorsque Six échoue à son tour. Six s'écroule de la même façon que le fit Stielieke.
En inscrivant son tir, Littbarski remet donc les deux équipes à égalité. Après Platini et Rummenigge, c'est au tour de Maxime Bossis de s'élancer. Sa frappe, repoussée par Schumacher, offre une balle de match à l'Allemagne, balle de match que Horst Hrubesch se charge de transformer en victoire, envoyant la Mannschaft en finale
Quelques jours plus tard, les Français s'inclinent 3-2 contre la Pologne pour la 3e place tandis que les Allemands sont dominés 3-1 par l'Italie.