6 Janvier 1957 OM Angers 0 à 0 au Vélodrome

Résumé Saison
6 janvier 1957 OM et Angers 0 à 0
19887 Spectateurs
Arbitre Mr Harzic
OM PREDAL, MOLLA, JOHANSSON, PALLUCH, MARCEL, MESAS, JENSEN, LEONETTI, ANDERSSON, SCOTTI, CURYL
Entraineur ROBIN
ANGERS FRAGASSI, KOWALSKI, SBROGLIA, PASQUINI, HNATOW, BOURRIGAULT, LE GALL, SCHINDLAUER, TISON, BIANCHERI, LONCLE
Entraineur PRESCH
Le match des outsiders, Marseille-Angers, disputé dimanche sous un soleil éclatant, fut surtout marqué par le duel que livra l'arrière central et capitaine angevin Jules Sbroglia, au puncheur numéro un de l'équipe marseillaise Gunnar Andersson.
Le canonnier de l'O.M. est depuis quelque temps dans une forme extraordinaire : on le voit à sa mine reposée et ses joues rebondies. On le sent à la vivacité de ses courses, de ses crochets et de ses tirs. Anderson c'est "Monsieur quatre vingt dix pour cent", comme chacun sait sur la Canebière.
C'est aussi l'ennemi public numéro un pour les adversaires de Marseille.
Comme tel, c'est le gaillard qu'on surveille de très près, qu'on place sous la surveillance étroite de deux, voire de trois gardes du corps. Ainsi Gunnar fut-il très sérieusement tenu en respect à Monaco et Lyon.
Il faut croire que Walter Presch, l'entraîneur angevin, possède la confiance la plus aveugle en Sbroglia puisqu'il en lui détacha aucune aide supplémentaire :
- Jules est assez grand garçon pour se tirer d'affaire, pensait Presch, et il eut raison !
En première mi-temps, Andersson, alerté adroitement, comme d'habitude, par Roger Scotti, le meneur de jeu marseillais, fit trembler Sbroglia et toute la défense du S.C.O.
Dès la huitième minute, il faillit bien parvenir à ses fins, reprenant un centre de Mésas, qu'il termina de peu à côté du but gardé par Fragassi.
Huit minutes plus tard, Gunnar crochetait Sbroglia mais manquait son tir. A la 23e minute, il était contré par son rival. A partir de ce moment, l'ex-Suédois sembla ne plus croire en son étoile. Il s'exila à l'aile gauche jusqu'à la fin de la première mi-temps.
Après le repos, Andersson reprit son travail de sape. Il déclencha quelques tirs mais, chaque fois, Sbroglia passait, revenait à temps pour contrarier l'action décisive du Marseillais. Pourtant Andersson ne renonça jamais et faillit bien obtenir sa récompense à la 70e minute lorsqu'il reprit un centre aérien de Jensen, pour déclencher un tir terrible (du droit s'il vous plait), tir qui fut malheureusement renvoyé par le poteau droit du but angevin.
Vous penserez sans doute, après cet énoncé de faits, que Gunnar prit le pas sur son rival, pas du tout.
Par ses interventions énergiques, par la sûreté de son coup d'oeil, par sa souplesse et sa détente, par son calme surtout, Sbroglia tint le coup jusqu'au bout !
Son sang-froid le capitaine du S.C.O. le communiqua d'ailleurs à toute l'équipe angevine qui fit front aux "rushes" marseillais sans jamais s'énerver, sans jamais désunir.
Si l'on ajoute que Curyl fut retenu par Kowalski qui plongea comme un gardien de but pour l'accrocher par le maillot alors qu'il filait au but, on voit que les Angevins se titèrent bien d'affaire du piège olympien.
Sans doute est-ce son flegme, sa confiance en soi mais aussi ses irrégularités , qui ont permis à Sbroglia et à Angers d'éviter la défaite au stade Vélodrome de Marseille, apportant ainsi la preuve de son adaptation à la Première Division où le S.C.O. continue à faire figure de grande révélation