OM Lille

7eme journée Stade Vélodrome 28 Septembre 1947 OM Lille OSC 4 - 1 (0 - 0)
BUT SCOTTI (48' s.p.), MARTIN (51'), DARD (71'), BIHEL (85'), TEMPOWSKI (59')
Arbitre Mr Tibaldi 36099 spectateurs
OM Entraineur ZILIZZI
LIBERATI, DAHAN, RODRIGUEZ, SALEM, BASTIEN, SCOTTI, DARD, MARTIN, BIHEL, NAGY, PIRONTI,
LILLE OSC Entraineur CHEUVA
GERMAIN, PREVOST, SOMMERLINCK, DUBREUCQ, GARCIA, BIGOT, VANDOOREN, TEMPOWSKI, BARATTE, CARRE, LECHANTRE
Nous avons eu bien du mal à reconnaître l'équipe leader du championnat de France dans le onze lillois qui, dans un stade vélodrome de marseille plein à craquer, a connu sa première défaite bien lourde devant l'olympique de Marseille.

Les Lillois n'ont pas été pris au dépourvu. Ils savaient qu'ils trouveraient à Marseille une ambiance passionnée, électrique où il est parfois difficile de contrôler ses nerfs. Il savaient aussi que l'O.M. tenterait de gagner ce match avec ses moyens mais aussi avec son cran et sa vitesse.
Et bien dimanche, dans la vaste enceinte marseillaise où l'on battit le record de recettes avec 32.000 entrées, Lille précisément, ne donna pas l'impression de savoir vaincre l'adversité.
Il a suffi d'un penalty, au reste parfaitement mérité
Baratte avait arrêté le ballon avec les mains devant la cage de Germain, pour dérégler complètement la belle et robuste mécanique nordiste.
Au point de vue technique, Lille ne mérite sans doute pas 4 buts à 1. Mais il est bien certain qu'il fut très peu question de vrai football.

Ce fut un match de Coupe dans toute l'acception du terme avec ses émotions, ses incidents, ses accrochages et son ambiance. Nous avons vu le stade en délire lorsque l'inter anglais Martin ajusta son magnifique tir qui valait à Marseille un second but, quelques minutes après le penalty réussi pas Scotti. Quand voici trois semaines, l'O.M. avait défait tout aussi nettement le Stade Français, quelques doutes pouvaient subsister malgré tout sur le rendement réel du onze méridional.
Nous devons reconnaître aujourd'hui que l'Olympique figure parmi nos formations les plus efficaces avec son jeu de demi volée et sa rapidité d'ensemble.
On eut dit qu'il y avait en première mi-temps deux joueurs marseillais pour un seul lillois, tant les hommes au maillot bleu surclassaient les Nordistes par leur rapidité sur la balle. Il est vrai qu'à ce moment déjà Lille avait du faire passer son demi centre Garcia, blessé, à l'aile. Ce qui constituait certes un handicap sérieux qui venait s'ajouter à l'absence de l'arrière Jedrezack.
On ne saurait dire pourtant que l'Olympique de Marseille eut la chance de son côté. Au contraire, trois shoots très dangereux de Bihel, Dard et Pironti auraient très bien pu se terminer dans la cage de Germain au cours des cinq premières minutes.

Et, lorsque la mi-temps se termina sur un score vierge il faut bien dire que Marseille avait largement dominé territorialement bien que se défense ait dû concéder déjà quatre corners.
Il nous faut parler des incidents qui émaillèrent la seconde mi-temps, incidents qui furent dûs d'avantage à l'atmosphère chargée l'électricité qu'à des phases de jeu violents.
Nous regretterons simplement que l'arbitre Tibaldi ait perdu son self-control. Passe encore qu'il ait cru devoir sortir Bigot et Nagy à la suite d'un accrochage bénin ! Ce n'était pas très grave puisque l'on vit les deux exclus s'embrasser en se dirigeant vers le vestiaire. Nul ne comprit par contre qu'il ait cru devoir sortir Bastien à l'issue d'un nouvel accrochage qui opposait Salem et Lechantre.
l semble bien alors que Bastien en sa qualité de capitaine avait parfaitement le droit de faire observer une faute de jeu à l'arbitre sans encourir une sanction qui risque d'être fort préjudiciable à l'O.M. au cours des prochains matches.
I
Et l'on comprend les protestations véhémentes à ce sujet de M. Dancausse dont on connaît pourtant le calme et l'esprit sportif. Bref, nous crûmes à ce moment que le match aurait du mal à se terminer étant donné la surexcitation poussée au paroxysme qui régnait dans le stade.
Il n'en fut rien malheureusement et l'on vit même l'O.M. opérant avec neuf joueurs, dont deux seuls avants de pointe, réussir deux nouveaux buts par Dards et Bihel en fin de partie.
Au jeu d'équipe avait sucédé depuis longtemps un football fait d'improvisation et d'actions personnelles qui n'étaient pas pour déplaire aux hommes de Bastien.
On se doute qu'il est très difficile de juger les joueurs séparément après un match semblable où les changements de place furent fréquents. Du côté lillois, Tempowski fut, par instant, à notre sens l'un des meilleurs avec Bigot.... ou plus exactement l'un de ceux qui surent rester eux-mêmes.
les Lillois, tout en invoquant l'énervement, reconnaissaient qu'ils avaient été incapables de retrouver leur carburation sous la pression des Marseillais.
D'autres équipes après nous, ferons l'expérience qu'il est très difficile de gagner à Marseille, nous déclara le capitaine lillois
Et Bihel qui connaît bien la formation lilloise pour avoir joué sept ans dans son sein ajoutait : "Les Lillois n'ont bien souvent qu'un tort : celui de ne pas savoir se retrouver devant l'adversité"
A Marseille, la faculté de pénétration du trio de pointe : Dard, Bihel, Pironti, reste l'un des atouts de l'équipe, cependant, nous estimons que ce fut l'inter anglais Martin le meilleur avant.
Par ailleurs, le jeu régulateur des demis marseillais fut à notre avis l'un des gros facteurs du succès. Scotti nous surprit agréablement par l'à-propos de ses interventions et la conception intelligente de son football. Cependant que Bastien reste un demi-centre de grande classe.
Bihel s'est beaucoup amélioré physiquement depuis quelques semaines.
Nous n'en dirons pas autant de la défense marseillaise qui dût concéder huit corners aux Lillois.
Salem notamment apparut quelque peu débordé malgré son incessante activité et des moyens physiques indéniables.
 Voici donc maintenant la formation marseillaise qui talonne les leaders du classement de Division Nationale.