8 Novembre 1997 Parc des Princes l'OM bat PSG 2 à 1 (1 - 1)
Arbitre Mr Puyalte 43307 Spectateurs
OM KOPKE, DOMORAUD, S BLANC, L BLANC, COLLETER, MAKELELE,BERTIN (ISSA 69'),
ECHOUAFNI, GRAVELAINE (JAMBAY 66'), CAMARA, RAVANELLI Entraineur COURBIS
PSG REVAULT, ALGERINO, N'GOTTY, RABESENDRATANA, LLACER, CISSE, GUERIN (DUCROCQ
38'), FOURNIER (EDMILSON 66'), GAVA, RAI, MAURICE (LEROY 7') Entraineur
RICARDO
BUT GRAVELAINE (12'), BLANC (63'sp) LEROY (33')
Paris pourrait se consoler en se disant que, après tout, il a conservé
sa première place après cette défaite douloureuse parce qu'évitable. Mais
il n'en a pas besoin.
Car même battu à l'issue d'un sommet qui fut de très bonne qualité durant
une mi-temps, il a pu sortir la tête haute, victime davantage des événements
que d'une réelle infériorité par rapport à son adversaire du jour.
Et pourtant, déjà privé de Roche, Le Guen et Simone, contraint d'aligner
Bruno N'Gotty sur une jambe et demie, les Parisiens ont encore été accablés
par le mauvais sort, avec les éliminations de Maurice à peu près d'entrée
de jeu et de Guérin en fin de première période.
Et deux internationaux de plus au tapis !
ci-contre hommage à Fabrizio Ravanelli d'om mediathèque
Que dans ces conditions il ait été en mesure jusqu'au bout d'accrocher
un match nul qui aurait ressemblé à une victoire, c'est déjà une satisfaction
tangible, puisque on n'était pas en Coupe d'Europe et que le résultat n'était
pas tout.
Quand on dresse la liste des absents, on se demande même comment cette équipe n'est pas plus dominatrice sinon dans les résultats -elle est quand même première d'un Championnat relevé- mais dans son jeu trop souvent incertain.
L'OM bénéficia de toute l'expérience de Ravanelli, de Laurent Blanc et
de Gravelaine pour s'imposer.
Il faut ici tempérer un jugement qui a été porté sur l'effectif du PSG
depuis le début de la saison.
Le leader a un banc et on ne le savait pas.
Ricardo était dans le vrai en affirmant qu'il ne craignait pas pour ses réservistes, mais on peut se demander, vu leur valeur et la charge de travail réservée à son équipe, pourquoi il s'en est servi que contraint et forcé par les blessures et les suspensions.
Car si Rai et Gava ont été des chefs de file épatants, pendant plus de la moitié du match, les autres, de Rabesandratana, Llacer et Leroy aux jeunes Cissé et Ducrocq n'ont pas été dépassés par l'événement.
Un événement qui ressembla vraiment à un sommet pendant une mi-temps quant
à la qualité du jeu, et qui conserva ce label jusqu'à la fin en ce qui
concerne l'acharnement et la volonté de vaincre.
Dans un pays où d'habitude on ne sait plus jouer ce genre de matches entre
deux grosses cylindrées, celui-ci fut peut-être le meilleur depuis quinze
ans
Car la qualité du jeu fut très bonne, ce qui n'est pas une surprise, ainsi
que la volonté de vaincre et d'aller de l'avant.
Reste que le vainqueur du jour, c'est l'OM qui a confirmé ses dernières sorties.
Très largement remaniée à l'intersaison, l'équipe marseillaise a dû attendre pour trouver ses marques. L'arrivée de Ravanelli, qui n'est pas encore à 100% mais qui n'en pèse pas moins sur les défenses adverses et donne une profondeur et un poids déjà impressionnants au jeu de son équipe, a constitué le déclic.
Compacte, solide, bien organisée, l'OM a bien entendu profité des malheurs parisiens, mais ceux-ci ne lui sont pas imputables.
On ne peut pas dire que l'OM se promène au-dessus des autres, mais il est au niveau des meilleurs, il peut jouer pour le titre, d'autant qu'il a l'avantage de n'avoir que le Championnat en tête, ce qui n'a pas été le cas de Paris en cette première partie de saison, et ne sera sans doute pas celui de Monaco au moins jusqu'au mois de mars.
En début de match, les Marseillais ont traité d'égal à égal avec leur adversaire.
Ils n'ont pas reculé -ils ne l'ont pas non plus fait en fin de rencontre,
lorsqu'ls eurent fait la différence et que Paris poussa pour revenir au
score- grâce à la rayonnante présence de Laurent Blanc poussant sans cesse
ses voisins vers l'avant, ils ont joué le coup comme il fallait.
Ils auraient peut-être perdu, et en tout cas n'auraient probablement pas gagné si le sort ne s'en était pas mêlé, mais c'est déjà une bonne chose de saisir les occasions;
c'est comme cela qu'on atteint ses objectifs.
Celui de l'OM est de jouer l'an prochain la Ligue des champions. Il a une chance sur quatre de l'atteindre, une autre revenant à Monaco, une troisième à Paris, et la quatrième à un des autres candidats qui sont loin d'être voués aux rôles de comparses, et dont Bordeaux et Metz sont les chefs de file. Il nous semble en tout cas que l'OM, qui n'a pas exprimé tout son potentiel, même après cette victoire un peu historique pour lui puisqu'elle marque son retour au pouvoir -fût-il partagé- après quatre ans de galère, a pris un avantage sur les autrs contestataires du PSG et de Monaco.
On avait perdu l'habitude d'un classement qui presque à la moitié de la
compétition, propose quatre équipes en un point dont trois à égalité à
la première place. Lors des dernières saisons, le PSG avait réussi des
échappées au long cours qui s'étaient terminées en eau de boudin. Battu
chez lui, rattrapé, meurtri, ses chances de remporter le titre, défini
cette saison comme l'objectif fondamental, paraissent aujourd'hui beaucoup
moins importantes. Et pourtant, on a l'impression qu'il reste le candidat
numéro un à la magistrature suprême. On rêve d'un match retour dans un
stade-vélodrome qui serait redevenu un stade entier, avec deux équipes
disposant cette fois de tous leurs éléments.
Avec seulement des perdants, alors que dimanche au Parc, il n'y a peut-être
eu que des gagnants.