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| 4 Avril 1990 Stade Vélodrome l'OM bat Benfica 2 à 1 (2 - 1) Arbitre Mr Courtney(Angleterre) 43248 Spectateurs OM CASTANEDA, AMOROS, SAUZEE, MOZER, DI MECO (VERCRUYSSE 68e), TIGANA, DESCHAMPS, GERMAIN, WADDLE, PAPIN, FRANCESCOLI Entraineur GILI BENFICA SILVINO, JOSE CARLOS, RICARDO, ALDAIR, VELOSO, PANEIRA, THERN (DIAMANTINO 75e), HERNANI, VALDO, LIMA (DOMINGO 65e), MAGNUSSON Entraineur ERIKSON BUT SAUZEE (16'), PAPIN (44') LIMA (10') |
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| A quatre-vingt-dix minutes de la finale de la Coupe des Champions, l'OM
n'a qu'un but d'avance. Mais il a submergé le Benfica de Lisbonne et acquis ses lettres européennes. Le pronostic est favorable. A condition d'être bien gardé. Les Marseillais sont des innovateurs. Ils ont inventé la faute à géométrie variable. Ajouté un alinéa au règlement officieux de la Coupe d'Europe, lequel explique dans son article 2 "que tout erreur individuelle ou collective, à ce niveau de l'épreuve, sera sanctionné d'un but, etc." |
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Celle des joueurs de l'OM est tellement collective et individuelle, si
précisément involontaire avant de devenir carrément horrible qu'elle restera
peut-être dans l'histoire comme la première faute étalée sur trois semaines. De la sortie kamikaze de Gaétan Huard contre les Bulgares de Sofia pour gagner une fracture du tibia et du péroné, à l'obligation de sortir de la boîte un aimable préretraité venu courir l'honorable pige sur les terrains d'entraînement. On ne s'impose pas gardien de but d'une demi-finale européenne avec une paire de mots. |
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| On ne s'impose pas non plus partenaire d'une gardien occasionnel lorsque
les ballons flottent dans la surface, même poussés par un mistral gagnant.
Et c'est ainsi, entre un plâtre, un emplâtre et quelques jambes de bois que Benfica a marqué il y a déjà six jours. Di Meco perd un ballon offensif aux abords du rond central, l'attaque change de face et s'achève par un corner. Tiré par Valdo -plutôt deux fois brésilien qu'une- et repris du front par Lima qui n'a pas fait la couverture de France Football pour rien. A cet instant du match, la défense marseillaise est assise, et sans doute entend-elle passer l'ange Gaétan avant de s'apercevoir que c'est Maître Jean qui est là. |
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Il reste une bonne semaine à Gérard Gili pour offrir des échasses à d'aucun
ou pour miser simplemnt sur la bonne étoile olympienne. Il le sait, le
jeune entraîneur. A un aimable qui lui demande comment il convient de bonifier d'entente collective entre Castaneda et les autres, il répond par un rictus, fait répéter la question, et dit : " Vous savez, il n'y a que le travail." Encore n'avait-il pas entendu l'honnête confession de son gardien, racontant dans le menu ce qui aurait pu devenir l'affreuse mésaventure de la qatre-vingt-neuvième minute. |
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| A ce moment-là du match, Marseille a tout donné de son talent et de sa
force intérieure pour s'assurer un but supplémentaire. Sans résultat. Valdo
trouve alors l'ouverture dans un mur qui s'effrite doucement. Castaneda
:"Je l'ai cru hors jeu, j'en étais persuadé. L'espace d'une seconde,
je me suis dit que j'allais laisser entrer le ballon dans le but. C'est
à cet instant qu'il a frappé et que la balle m'a heurté le genou..."
Et le genou de Casta n'a pas tremblé. C'est tout le match, les matches -l'aller et le retour- qui ont et vont tourner autour du but encaissé. Le match de mercredi dernier, d'abord. Sublime. Sublime parce que la stupide erreur a sans doute obligé les Marseillais à gérer avec de la folie un match qu'il convenait probablement de mener à la fois patiemment et en rythme. |
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Jamais dans le passé moderne, une équipe française n'avait atteint une
telle plénitude dans le jeu et dans la façon de le conduire. Pas même Saint-Etienne
et sa légende, lesquels frôlaient le point de rupture en posant chaque
fois les pieds dans le Chaudron. Sauf oublier de sauter sur une balle haute, sauf encaisser un deuxième but et concéder le plus injuste des matches nuls, il ne pouvait rien arriver à l'OM de ce printemps, à deux doigts d'enfiler le même costume que son président.Celui d'un finaliste de la Coupe des champions. Plus que le score, qui n'est pas toujours tout, c'et sa façon incroyable de ne pas douter qui fera peut-être un jour prochain la différence. Il y a deux ou trois phrases à retenir pour illustrer ce qu'on ne croyait plus possible dans une équipe fançaise de chez nous. |
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| Celle de Gérard Gili retenant comme un encouragement que ses "joueurs ont marqué deux buts lors de la période la moins intéressante du match". Un but arraché par Sauzée sur une remise de Bruno Germain. Un but de chasseur inscrit par Jean-Pierre Papin. Le premier juste après que Benfica eut cru être arrivé. Le deuxième juste après que Hernani eut manqué d'un souffle de gagner la bataille du contre (ballon sur la droite des buts de Castaneda), juste avant que Mozer renvoie sur sa ligne un ballon tapé par Magnusson. Il y a également les phrases d'Eriksson qui expliquent ce qu'il a sûrement découvert. "Honnêtement,dit-il, je ne pensais pas que Marseille parviendrait à augmenter sa pression en seconde mi-temps, tout en jouant parfaitement de façon technique et collective. |
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Cette équipe possède de brillantes individualités, mais ce n'est pas tout.
"Miracle d'une formation construite en pasSant par la bourse de Londres
(Waddle) et par les salons de feu le Matra RaCing (Franscescoli) sans oublier
un petit coup de pioche -aujourd'hui bienvenu- du côté de Benfica (Mozer).
Miracle, à moins que l'addition de talents créateurs multipliés par la liberté de jouer ne soit la recette bête et simple du jeu de football. Hélas, au retour, la main de Vata... |