OM Olympique de Marseille

1989 L'OM est Champion en battant le PSG à la dernière minute

5 Mai 1989 Stade Vélodrome
l'OM bat PSG 1 à 0 (0 - 0)

Arbitre Mr Vautrot 35572 Spectateurs

BUT SAUZEE 91eme)

OM HUARD, THYS, FORSTER, LE ROUX, DI MECO, GERMAIN, SAUZEE, GASTIEN (MEYRIEU 57'), ALLOFS, VERCRUYSSE (EYRAUD 76'), PAPIN Entraineur GILI
PSG BATS, POLANIOK, DREOSSI, PILORGET, CHARBONNIER, TANASI, SENE, PEREZ, CALDERON, SUSIC, XUEREB (SIMBA 72')
Entraineur IVIC
A la manière des savoureuses recettes télévisuelles du professeur Choron, étudions sur la feuille de papier les bonnes façons parisiennes à la sauce Ivic, telles qu'elles se sont étalées sur le terrain marseillais il y a quatre jours.
En rappelant aux âmes sensibles, et soi-disant réalistes, que si notre comparaison est osée, la mauvaise foi des autres est, elle, posée. Et bien posée.

Prenons donc, docteur Tomislav, un poulet fermier élevé au maïs, mais mâtiné de temps à autres d'hormones ambitieuses. Posons-le sur la table des invités. Et découpons-le. Il possède, comme hier ses frères regrettés, deux pattes indigestes et cependant nécessaires, deux cuisses tendres qui seront notre régal, deux ailes et du blanc soigneusement détaché de sa masse osseuse.

Distribuons les parts à nos hôtes et expliquons-leur, avec la simplicité qui nous caractérise, que quatre pattes et trois cuisses ne feront pas leur dîner. Ou amusons-nous et biaisons en tordant le croupion pour en faire une aile. Trompons ainsi nos amis au risque de passer pour un indélicat.

L'histoire osée est maintenant racontée. Le jeu est difficile.
Que le lecteur s'aide donc en cherchant directement dans la carcasse du malheureux volatile les raisons du non-match parisien à Marseille. En écoutant -auguste rapprochement des genres- les mots d'Ivic qui expliquent la texture choisie pour être champion sur le terrain de son concurrent. Avec peine perdue, d'ailleurs.
"Vous me dites que Paris-SG est une équipe défensive qui n'a pas joué sa chance à fond. Je vous réponds : où avez-vous vu cela ? Vous me dites que Paris-SG ne peut pas gagner s'il n'attaque pas. Je vous réponds : moi j'ai vu trois attaquants de pointe parisien sur le terrain. Notre avant-centre, plus Gaby(Calderon), plus Safet(Susic)..." Imparables entraîneurs (et nous n'avons pas dit impayables), capables de faire du gras avec le maigre, de vendre la tactique du gendarme en mettant des fleurs sur le bâton. Car enfin, monsieur le faiseur de cauchemars, où sont les milieux pourvoyeurs de balles s'ils sont attaquants ?
Caricature que d'assister au premier tir parisien à la 71e minute de jeu (Calderon), caricature que ce corner obtenu par Paris-SG à l'amorce du dernier quart d'heure, corner sur lequel Jean-Pierre Papin, en position de premier contre-attaquant dans le rond central, se verra entouré de six joueurs parisiens, jusquà déclencher quelques sourires, denrée rare ce soir-là.
Mais Paris a probablement choisi, de s'autodétruire, la frappe de Franck Sauzée à l'ultime seconde, éclatant comme une justice et une sanction, plutôt qu'une récompense. Un tir, un seul, pour dénouer tout un Championnat !
Et quelques phrases d'Ivic pour le faire vivre encore. "Ce coup n'est pas facile à encaisser, il va falloir réagir comme des professionnels", et "je suis fier de mon équipe", et encore, à l'adresse des journalistes réunis : "Si vous remettez un coup sur notre équipe c'est fini vi vous nous aidez un peu, on peut encore espérer."
Si peu qu'au-delà du but miraculeux de Sauzée, les Marseillais n'ont pas été plus loin que le résultat. "Nous ne sommes pas encore champions."
Peut-être le seront-ils après s'être déplacés à Toulon, dernier obstacle très sérieux sur le chemin du titre. Ils ne se sont pas non plus attardés sur les façons de leurs adversaires. Ou si peu, afin de ne pas nier l'évidence.
Entre deux mots, Papin a avoué "qu'il ne pourrait pas jouer dans une équipe telle que celle-là" et que "leur avant-centre avait beaucoup de mérite". Il a aussi déclaré ce qu'il faudrait désormais entendre avant les matches : "Ce genre de rencontre, ça ne peut pas être beau."
Gérard Gili, lui, a timidement insisté sur la terrible efficacité des Parisiens, "incontournables sur les côtés et souverains dans le jeu aérien". "Pour les passer, dit-il, faut compter sur la faute individuelle ou sur le tir de loin;" Piere-Marie Descamps lui a alors posé la question vérité : pourriez-vous procéder de la même façon qu'Ivic, à Marseille ? Réponse : "Je ne suis pas du tout tenté et ce ne serait pas accepté chez nous. C'est un jeu où il y a absence de vie et d'émotion." Entre la poire, le fromage et le poulet tout est dit.
L'OM est presque champion, c'est toujours çà!!!
Superbe saison pour l'OM qui réalisera son deuxième doublé en battant Monaco en Finale.