Janvier 1939 à Roubaix 6000 Spectateurs OM bat Excelsior 2 à
1 (2 - 0) BUT Kohut Zermani Heiss csc
OM Vasconcellos, Patronne, H. Conchy, Olej, Max Conchy, Gonzales, Zermani, Ben Barek, Angles, Heiss, Kohut.
EXCELSIOR Lacoste, Arana, Dhulst, Tobia, Desrousseaux, Lietaer, Buge, Hiltl, Guimbard, Luddens, Kups. |
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Il ne faut jamais prendre
les choses à la légère : telle est la conclusion
qui s'impose à la suite de la rencontre gagnée,
aujourd'hui par Marseille aux dépens d'Excelsior (2-1). Une victoire plutôt nette des
Méridionaux paraissait assurée lors du changement de
camp. Non pas que les
Nordistes aient outrageusement dominé
jusqu'alors, loin de là, mais
Excelsior n'avait rien tiré des occasions qu'il s'était
créées, et Marseille, au
contraire, avait non seulement marqué par deux fois, mais
donné l'impression de
réussir ses efforts au but comme et quand il le voulait.
La facilité dans le succès n'est pas un
stimulant à l'activité. On s'en aperçut bien au
cours de la seconde moitié du match. Paraissant assurés
du résultat, les Marseillais oublièrent leurs
qualités essentielles, la vitesse, la simplicité, la
netteté.
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Ils crurent
pouvoir se contenter de vivre sur leur avance, et décomposèrent en quelque
sorte leurs mouvements
offensifs.
L'intérêt qui avait paru s'émousser, revint s'imposa,
s'amplifia quand il n'y eut plus qu'un but d'écart à la marque
entre les deux adversaires. Dès lors et jusqu'au coup de sifflet
final, un match nul apparut possible. Marseille n'en était plus
à chercher l'élégance dans la victoire. Défenseurs,
demis, intérieurs tous repliés, ne visaient qu'à éloigner
le péril et la balle, à grands coups de botte. Excelsior
ne jouait plus en club acceptant une défaite inévitable,
voire peut-être la relégation qui le menace toujours, mais
en grande équipe, assoiffée d'honneurs et de succès.
Ce renversement de situation, que la marque ne traduit pas complètement
, fut d'autant plus impressionnant que le début de la rencontre
avait montré Marseille sous son meilleur aspect. |
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Sans doute, les dégagements des arrières et les déplacements
de jeu des demis manquaient-ils de précision ; mais derrière eux veillait le souple
et "spectaculaire", Vasconcellos.
Sortant
à bon escient considérant la limite de réparation
comme son territoire propre, quitte même à la
dépasser et à se faire pénaliser de ce fait, le
Brésilien donnait une impression d'invulnérabilité
parfaite. Ses partenaires de la défense montraient, eux, plus de
vigueur que de finesse, plus de promptitude que de réflexion
plus d'enthousiasme que de sûreté tactique.
Fort heureusement pour l'élégance du jeu, devant ces athlètes
énergiques, parmi lesquels Henry Conchy jouait un rôle éminent,
brillaient deux des meilleurs intérieurs de France ; ni Ben-Barek
ni Heiss, ne se sont toutefois fait cet après-midi, sur le terrain
du Crétinier, complète justice. |
Mais quelle belle démonstration ils ont fournie, au cours de toute
la première mi-temps, de ce que doit être leur rôle
!Les passes précises du Marocain et les actions plus appuyées
de l'ancien légionnaire créaient le danger à tout
instant.
On vit en une occasion de courageurs Desrousseaux, le type même
du demi travailleur, un entêté des Flandres, avoir un
geste de découragement en constatant l'inutilité de ses
efforts.
Deux buts
furent alors marqués, inévitables dans leur
réalisation au point de paraître faciles.
Sur une passe venant de la droite et sous la responsabilité
d'Angles, Kohut reçut la balle et la plaça
irrésistiblement dans les filets.
Ce fut, ensuite, d'une erreur de Desrousseaux que Zermani surgissant
à toute allure, parvint à tirer tout le parti possible. |
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Entre temps, Excelsior n'avait pas été confiné au rôle de simple spectateur. Mais ses avants prenant trop leur temps, s'étaient vus bousculer ou avaient accepté l'emprise des défenseurs méridonnaux.
Une certaine impression de manque d'efficacité s'affirmait. D'où
sans doute la façon désinvolte dont les joueurs marseillais,
à leur tour parurent considérer les choses après le
repos. Ben Barek alors s'attardait à des fioritures inutiles, évoluait
au petit trot.
De son côté Heiss donna en quelque sorte à ses adversaires un but d'importance considérable en passant inutilement
la balle en arrière et en battant ainsi Vasconcellos, lequel s'était avancé inconsidérément.
Entre temps, Excelsior n'avait pas été confiné au rôle de simple spectateur. |
Mais ses avants prenant trop leur temps, s'étaient vus bousculer
ou avaient accepté l'emprise des défenseurs méridonaux.
Une certaine impression de manque d'efficacité s'affirmait. D'où
sans doute la façon désinvolte dont les joueurs marseillais,
à leur tour parurent considérer les choses après le
repos. Ben Barek alors s'attardait à des fioritures inutiles, évoluait
au petit trot.
De son côté Heiss donna en quelque sorte à ses adversaires un but d'imporance considérable en passant inutilement la balle en arrière et en battant ainsi Vasconcellos, lequel s'était avancé inconsidérément.A cet instant la foule -environ 6.000 spectateurs- s'aperçut qu'Excelsior malgré son manque de promptitude dans l'action, était à même d'éviter la défaite. Sous les acclamations, les Nordistes tentèrent désespérément de jouer leur chance.Marseille, se rendant compte du danger, oublia toute idée autre que celle d'écarter le péril.Heiss n'en était plus à songer à des redoublements de passes. |
Ben Barek jouait à son tour de volée, comme tous ses partenaires, et avec toute l'aisance et toute l'adresse qui lui sont propres
Les instants qui passèrent furent lourds d'angoisse pour les
Marseillais, et ce fut avec un soupir de soulagement qu'ils entendirent
le coup de sifflet final.
Excelsior
n'est pas parvenu à sauver le match ni le point qu'il pouvait un
moment espérer obtenir. Mais il n'est pas douteux que
l'équipe, aussi irrégulière vaut mieux que son
classement actuel. Sa recherche de football précis, une certaine
lenteur d'action dans les moments décisifs lui jouent souvent un
mauvais tour dans les rencontres très âpres du
championnat. Il en a été ainsi aujourd'hui où,
avec la complicité involontaire de ses adversaires, il
n'échoua que de toute justesse dans la réussite du
bel
exploit qui parut quelque temps possible. |
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