
Blanc, Durbec, Cabassu, Jacquier, Aquaron, Alle
Devaquez, Alcazar, Boyer, Gallay, Bonello |
L'OM Champion 1929
A la mi-temps de la finale du championnat national de football,
l'Olympique de Marseille, qui avait, dans l'ensemble, fourni jeu
égal avec le Club Français, menait par 3 buts à 0.
Pourquoi, sans dominer son adversaire, avait-il réussi à
prendre une telle avance ? Parce que sa ligne d'avants, composée
de cinq gaillards tous également puissants, rapides, bons
shooteurs, excellents footballeurs, avait saisi chaque occasion de
botter.
Un centre court et judicieux de Devaquez avait permis à Boyer de
reprendre le ballon de volée et de marquer à bout
portant. Puis, un corner, tiré par Devaquez, arriva en haute
trajectoire devant le but ; Bertrand gêna Parkes dans le
dégagement ; le ballon parvint sur le pied de Bonello, qui
l'envoya dans les filets, exactement de la même manière
que Boyer pour le premier but . |
Enfin, sur une percée de Boyer, Bertrand
fit une passse inopportune à Parkes. Celui-ci tenta de dribbler
Boyer, mais il fut pris au piège, et l'avant-centre
marseilllais, après une belle course, battit une
troisième fois Lozes par un très beau shot.
Une minute plus tard, survenait la mi-temps.
Quel conseil fut donné aux Marseillais ? De jouer la défense
! |
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C'est à n'y pas croire. Voilà une équipe qui gagne uniquement par ses attaques et on lui enjoint de ne plus faire d'attaques ! La logique n'est pas toujours le fait des dirigeants, qui, passionnés par le spectacle de la victoire proche, en arrivent à perdre tout bon sens.Mais comment Devaquez et Cabassu, ont-ils pu accepter, au mépris du danger, que leur équipe, excellente dans le jeu offensif et médiocre dans le jeu défensif, adopte cette seconde combinaison ?Vraiment, si l'O.M. a réussi, dimanche, à se tirer d'affaire par un succès de 3 buts à 2, il peut remercier le sort, qui lui a été favorable.
Il est aussi en droit de se féliciter qu'un Devaquez, un Boyer, un Gallay, un Alcazar n'ait pas figuré dans la ligne d'avants opposée. La division d'attaque du Club fut vive, ardente, empressée, mais elle se montra également embrouillée et nerveuse dans sa hâte à combler le handicap. Mercier, qui est plein de finesse et d'adresse,fut le seul à shooter convenablement ; malheureuement, il n'a pas l'ossature d'un avant-centre qui sait imposer son jeu. |
Ses partenaires donnèrent l'impression qu'ils voulaient accompagner
le ballon jusque dans le but, et cela faisait bien l'affaire d'Allé,
qui est un gardien d'une souplesse acrobatique et qui excelle dans les
bons horizontaux, verticaux, latéraux sur le ballon.Allé
n'est pas un gardien sobre, au coup d'oeil sûr, à l'art de
se placer impeccable. Il se montre surtout brillant dans le combat de près,
et les assauts des Clubistes faisaient bien son jeu.
Mercier marqua, dix-sept minutes après le repos, le premier but
pour les Parisiens, d'un de ces shots vite déclenchés qui
surprennent les défenseurs opposés. Quatre minutes avant
la fin, Roels obtint, d'un shot de la pointe rapidement parti lui
aussi, le second point pour le Club. |
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La pression formidable du Club, qui ne s'est guère
démentie pendant les quarante-cinq dernières minutes, ne
réussit pas à lui donner le but d'égalisation.
Marseille gagna donc par 3 à 2.
Toute l'action, ou presque, se passa donc en seconde mi-temps dans le
camp marseillais.
L'intérieur gauche Gallay, sous le prétexte que son demi Aquaron était alourdi par une douleur au genou, joua quatrième demi. L'intérieur droit Alcazar se tint, lui aussi, fréquemment en retrait.
La ligne d'avants marseillaise, réduite à trois hommes,
Devaquez, Boyer et Bonello, passa le plus claire de son temps à
regarder le match. |
Lorsque, tantôt par hasard, plus souvent grâce aux passes clairvoyantes de Gallay, elle entrait en possession du ballon, elle voyait son action vite enrayée par les demis et arrières parisiens, supérieurs en nombre, et le ballon retournait aux avants parisiens.
La défense marseillaise, qui manqua totalement de fond, à
part Durbec, n'avait jamais le temps de respirer, puisque ses avants ne
conservaient pas le ballon, comme ils le firent en première mi-temps.
Le demi-centre Cabassu eut un quart d'heure d'éclipse ; Aquaron, fatigué, ne renouvela plus ses exploits du début de la partie ; Jacquier joua à maintes reprises en affolé. Heureusement, les interventions décisives de Durbec, qui pratiqua une méthode rapide et autoritaire, écartèrent fréquemment le danger. |
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Et, quand le ballon allait et venait à proximité du but
de l'O.M. c'était au tour d'Allé d'entrer souplement en
action.
Telle fut la tactique malhabile de l'Olympique de Marseille.
Quelle fut celle du Club Français ?
En première mi-temps, les Parisiens menèrent des
offensives aussi menaçantes que les attaques marseillaises.
Mais il manquait aux esquisses le coup de crayon final. C'étaient
des ébauches et non des tableaux achevés. La comparaison
entre les deux lignes d'avants permit de découvrir le secret des
succès obtenus par l'O.M. depuis qu'en 1924 le club phocéen
gagna sa première Coupe de France. |
| En seconde mi-temps, l'effort du Club mérite d'être louangé.
Toutefois, les Parisiens semblèrent confondre hâte et précipitation.
Les deux-arrières se tenaient sur la ligne du milieu ; les demis
se mêlaient aux avants ; il en résultait, devant le but opposé,
un rassemblement et une confusion, dont Allé tira fréquemment
le meilleur parti. Quand des gens veulent passer par une porte étroite,
ils réussissent quand ils se présentent un à un devant
l'obstacle ; ils échouent lorsqu'ils veulent franchir le seuil tous
en même temps, et on appelle cela une panique;C'est une peu la panique,
le désir excacerbé de combler le retard et d'envoyer au plus
vite le ballon dans le but adverse, c'est un peu cette presse instinctive
qui empêcha le Club d'égaliser. |
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Ses avants manquèrent d'air et d'espace et, à cet égard,
demis et arrières du Club sont autant à blâmer que
les cinq hommes de l'attaque.La valeur du match fut excellente par moments,
faible à d'autres instants, très honorable dans l'ensemble.
Ce fut une des meilleures rencontres auxquelles deux équipes françaises
nous aient fait assister cette saison;Elle fut vive, variée, pleine
d'imprévu. Le championnat de France, que le Conseil national de
la Fédération a supprimé et qui se disputait pour
la dernière année, s'et terminé en apothéose.
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Les joueurs qui se distinguèrent le plus furent, à l'O.M.,
toute la ligne d'avants, Durbec et Allé.Les demis faiblirent terriblement
lorsqu'ils furent mis à la besogne d'une manière incessante.
Par bonheur pour eux, Alcazar et Gallay leur apportèrent un concours
précieux.
Mais, encore une fois, il est aisé de comprendre que le ballon, entre les pieds des demis est beaucoup plus vite retourné à portée de shot du but que s'il est détenu par les avants. Gallay, l'ancien ailier gauche international, fournit un labeur formidable et heureux. Mais n'est-ce pas compromettre à tout jamais sa chance d'être choisi au poste d'intérieur gauche par le comité de sélection que de signaler ainsi ses mérites ? |
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Tout de même, quand on compare Gallay et Alcazar aux Veinante et Lieb tels qu'on les a vus à Saragosse...Au Club, Parkes n'eut à se reprocher que son infortunée tentative de dribble devant Boyer. |
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Pour le reste, il se comporta en grand footballeur, astucieux et adroit, en dépit d'un air famélique.Bertrand n'a rappelé que très rarement le joueur qui a, pendant une heure, supporté le poids de l'attaque espagnole à Saragosse. Kenner baissa de pied en seconde mi-temps, lorsque sa chaussure lui blessa le talon? jusqu'alors, il avait consciencieusement distribué le jeu.
Mercier, le jeune avant-centre aurait besoin d'être épaulé par deux partenaires robustes et bons shooteurs. Mais Guillou et Garabédian sont plutôt des attaquants de près.
Les deux ailiers Huvier et Roels donnèrent par leurs centres et
leurs corners des occasions à leur triplette du centre. Celle-ci
par malheur, n'aime pas le jeu de volée ni les interventions
à coups de tête. |
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