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| "Rolland Courbis, vous avez la réputation d'être critique, mais le
seriez-vous autant si vous entraîniez un autre club que l'OM ? Quand je critique, j'essaie aussi d'apporter une solution, et mon objectif c'est d'être positif. Le foot, c'est ma vie depuis que je suis tout gosse, ça l'est encore, et je me dis que le jour où je disparaîtrai, mon passage aura servi à quelque chose. Je ne suis pas animé par un esprit de contradiction. Je ne critique pas pour le plaisir, je note seulement qu'il y a des anomalies et je les soulèves. J'ai connu différentes situations en tant qu'entraîneur. J'ai dirigé Toulon, Endoume, Bordeaux, Toulouse, j'ai joué le maintien, la montée, la descente, l'Europe... Je serais le même si j'entraînais n'importe quel autre club. Maintenant, si j'exerçais ailleurs, peut-être que je serais perçu d'une autre manière. Pour quelle raison ? Parce que Masreille, c'est, et de loin, le club le plus populaire du pays. Le nombre de gens qui m'accostent dans les aéroports, qui m'interpellent dans la rue, où que je sois, depuis un an et demi, pour me poser des questionsest dix fois plus élevé par rapport à l'époque où j'entraînais Bordeaux, qui est pourtant un grand club, avec une histoire, des structures. Parfois, j'ai même l'impression d'avoir changé de métier, alors que je pense être toujours le même. |
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| N'êtes- vous pas cependant tenté de vous assagir en cessant de polémiquer ? On peut déjà polémiquer sur le mot polémique ! Moi, je n'ai pas cette impression, mais se c'est celle que je donne, Je le regrette. Je suis un entraîneur-recruteur, pour certains un imprésario -ceux-là en profitent pour me chercher des poux et parfois ça m'emmerde un peu-, et c'est pour cette raison qu'on m'a souvent embauché. J'ai derrière moi vingt-cinq ans d'expérience, de réflexions et de relations qui me confèrent une certaine compétence, même si j'ai toujours le souci de progresser. J'ai vingt-cinq ans de présence dans un circuit où je me sens comme un poisson dans l'eau. Evidemment ça peut gêner mais, sincèrement, je ne pourrai pas beaucoup changer... Considérez-vous qu'il est utile de posséder tous les diplômes pour entraîner ? Il est logique et indispensable d'avoir les trois degrés. Malheureusement, je n'ai que le premier. Si ne ne suis pas allé plus loin, ce n'est pas parce que je tiens à me marginaliser, mais pour des raisons de santé. Mais, aujourd'hui, une équipe n'est plus entraînée par un seul homme, mais par tout un staff. C'est impératif ! Personnellement, j'ai la chance d'être très bien entouré. Notamment par Jacques Vankersshaver qui, par ma faute, reste trop dans l'anonymat. Lui, il a les trois degrés. J'ai un entraîneur des gardiens fabuleux (Marc Lévy), qui a le deuxième degré. Vous voyez, à nous trois, nous avons six degrés. Nous sommes donc dans les normes. |
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| On vous devine peu convaincu , Si, si. Je me dis même que ce ne serait pas inutile que les présidents de club passent aussi ces diplômes. Il y en a tellement qui se prennent pour des entraîneurs ! Les diplômes d'entraîneur servent comme le permis de conduire,ce qui ne m'a pas empêché de faire mon premier dérapage alors que je ne l'avais pas encore passé... A mon sens, dans les diplômes, on oublie une qualité indispensable à l'entraîneur, une qualité difficile à évaluer, à savoir la vocation. Je déplore qu'on n'en tienne pas compte. Cela éviterait d'en voir certains se planter parce qu'ils ne sont pas totalement faits pour ça. Le métier d'entraîneur dans un grand club, ce n'est plus seulement un sifflet, un chrono et des plots à disposer. Ainsi, être un minumum médiatique, c'est indispensable |
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| Etes-vous tenté par une expérience à l'étranger Si je n'avais pas eu la chance d'avoir entraîné deux des clubs les plus prestidigieux du pays, j'aurais une ambition supplémentaire. L'objectif dans la vie, c'est quand même d'être heureux. Et moi, à l'OM, je suis un homme heureux ! Mais les semaines, les mois, les années défilent et je ne sais plus ce que c'est que prendre un poisson à la palangrotte ou partir huit jours au ski. J'aimerais en profiter un peu avant de mourir d'un infarctus sur ma chaise au Vélodrome. Ca a continuer un anou deux, ou trois, je l'ignore mais la cinquantaine arrive à grands pas. Dans quel domaine pensez-vous pouvoir encore progresser ? On progresse à tout âge. Mais que ce soit dans le domaine physique, athlétique, de la préparation, il ne reste plus que des petits réglages à effectuer. On peut toutefois apprendre dans tous les secteurs en s'intéressant à ce qui se fait dans d'autres sports : en tennis, au hand, au basket, au water-polo, notamment dans la gestion du groupe. En match, pour surprendre l'adversaire, il faut toujours essayer de varier. Nous disposons de trois schémas différents, plus la possibilité de faire trois changements. Vous parliez de trois schémas... Je ne vais pas vous les dire ! |
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| Mais à quel moment intervenez-vous pour paser de l'un à l'autre ? On a des points de repères entre nous. Je vais vous dire le mode de préparation d'un gros match ; d'abord, c'est la composition de l'équipe qui est donnée trois jours avant. Avec les risques de fuite que ça implique, je ne suis pas innocent. Il y a une première explication des points forts et des points faibles de l'adversaire. Il y a une mise en place sur le terrain, soit sans adversaire, soit avec. Il y a récapitulation le lendemain, il y a discussion avec les défenseurs, les milieux et les attaquants, puis discussion en individuelle cinq à dix minutes sur trois jours, des discussions à deux ou à trois par rapport à des secteurs précis. On récapitule avant d'aller au stade et on se prépare avec concentration, tout en étant décontractés. Mais quand on arrive et qu'on se rend compte que les joueurs adverses ne connaissent pas encore la composition de leur équipe, parce que l'entraîneur d'en face ne l'a pas donnée pour des raisons psychologiques, je me dis que je ne fais peut-être pas tout bien, mais que mon collègue, il ne fait pas le même métier que moi. J'espère que ça continuera comme ça. |
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| Y-a-t-il des entraîneurs qui vous ont spécialement marqué ? J'ai eu la chance de rencontrer, il y a une quinzaine d'années, Tomislav Ivic. Il y a les pour et les contre, mais, pour moi, Ivic, c'est un formateur -ce que je ne suis pas-, un éducateur, un gars qui a réussi à entraîner dans différents pays. C'est clair, il m'a fait gagner beaucoup de temps. Pouvoir discuter avec lui, comme avec Capello ou Lippi, ou, auparavant, avec Kovacs que je voyais souvent à Monaco, ce fut un vrai bonheur. Et parmi tous les entraîneurs que vous avez eus en tant que joueur ? Mario Zatelli. Il avit vingt ans d'avance. C'est le premier que j'ai vu discuter par groupes de deux ou trois, par secteurs de jeu, une méthode que j'ai reprise à mon compte. Zatelli avait un sens de la psychologie très développé. Il fallait le voir gérer le cas de Magnusson qui détestait les séances physiques. Avec d'autres, que je ne nommerai pas, on serait allés tout droit au clash. Vous ne regrettez pas d'avoir eu une carrière de joueur somme toute modeste, alors qu'elle s'annonçait prometteuse ? Quand j'étais petit, je ne me voyais pas jouer sous un autre maillot que le maillot blanc. Forcément, j'ai dû oublier le côté affectif, sinon j'aurais mis un terme à l'âge de vingt ans. C'est vrai, j'ai privilégié l'aspect financier. Si c'estlaid, tant pis. Non, je ne le regrette pas et je n'en ai pas honte. |
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Marseille est aussi une équipe défensive ? Aujourd'hui, la plus grosse performance, à mes yeux, de l'OM, c'est d'avoir pris treize buts en vingt matches cette saison, dont quatre en une seule mi-temps. Soit, neuf en dix-neuf matches et demi. C'est dire si les gènes restent ! Y compris quand on a dans son effectif Ravanelli, Pires, Maurice, Dugarry..." Vote retour en 1997 sur vos terres natales prend cete saison un tour trimphal... Il y a trois ans, l'OM était devenu un club compliqué. Comme par le passé, après avoir vécu au sommet, il avait connu une chute vertigineuse. Ce n'était évident pour personne d'y revenir. En plus, ça s'est produit en pleine révolution Bosman. |
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| Il y a eu une époque où il suffisait de recruter les meilleurs Français et trois bons étrangers pour avoir la meilleure équipe de France. Ce n'était plus vrai quand Robert Louis-Dreyfus est arrivé. Même si, comme moi, il est de passage dans le foot, il aura au moins réussi celà : créer dans ce club les infrastructures qui lui manquaient. J'espère que cela donnera envie à de gros investisseurs de venir dans le football et de poursuivre le travail entrepris. Sinon, l'OM redeviendra une équipe moyenne et pointera entre la septième et la douzième place du Championnat et n'aura aucune chance de rivaliser avec le Real ou l'Inter. | |||||||
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| Selon vous, Robert Louis-Dreyfus compte-il déjà parmi les grands présidents de l'OM ? Ces vingt dernières années il y a eu trois grands présidents : Leclerc, Tapie et Louis-Dreyfus. Les deux premiers ont connu les sommets, puis la catastrophe. Le troisième tente d'enrayer cette fatalité. |
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| Est-ce cela qui a motivé votre décision de rester à l'OM cette saison ? J'étais venu pour un bail d'un ou deux ans. Aujourd'hui, mon objectif est de devenir l'entraîneur qui battra le record de durée sur le banc, ou plutôt sur la chaise que j'occupe au Stade-Vélodrome, et de maintenir le club durablement au plus haut niveau. Mais vous aviez à l'origine un objectif à si court terme ? Avec le président, nous étions vraiment partis sur une opération à court terme : mettre en place un groupe sympa en deux intersaisons, qui soit motivé et qui ne roule pas les mécaniques. Cet objectif a été atteint. Désormais, il s'agit de mettre en place des infrastructures. Car il faut bien se rendre compte que la victoire en C 1 de l'OM en 1993 est une anomalie. C'est le seul club à avoir gagné la Coupe d'Europe en s'entraînant dans des Algeco. Maintenant il y a des terrains d'entraînement qui seront cette année enfin dignes de ce nom, des vestiaires, un staff technique, un président très présent, un stade, un public. La Coupe d'Europe ne peut se remporter qu'avec un minimum de logique. A propos d'infrastructures, ne regrettez-vous pas que le Stade-Vélodrome ne soit pas couvert ? Le Vélodrome, je l'appelle "l'enrhumeur". Mais ce n'est pas parce qu'il n'a pas de toit. C'est parce qu'il est ouvert sur tout. Je me moque que, des tribunes, on puisse voir l'Estaque ou que, vu d'hélico, ce stade ressemble à une fleur. Ce stade est mal conçu parce qu'on n'a jamais l'impression d'être à l'intérieur ! A cause de cela, nous perdons une grandepartie des encouragements du public. Cela dit , je sois constater que, depuis qu'il est achevé, 'lOM est invaincu auVélodrome. Compte-vous également développer la formation qui n'est pas jusqu'à présent une force de l'OM ? A l'heure actuelle, nous sommes loin de Monaco, par exemple, qui compte plusieurs internationnnnaux A ou Espoirs issus de son centre (Christanval, Henry, Trezeguet, Irlès). Je ne me fais pas d'illusion. L'OM-on n'échappe pas à son histoire-ne sera jamais un club qui s'appuiera entièrement sur la formation. Mais j'aimerais qu'à terme 20 % de l'équipe vienne du centre. En outre, le président ne rajoutera plus chaque année 50 MF au budget pour qu'un Pires reste en France. Il faudra que, lors des futures intersaisons, nous conservions un groupe performant tout en gardant une balance ventes/achats assez équilibrée. |
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| Vous semblez donc vous inscrire sur une assez longue durée à Marseille,
le club de vos débuts, votre ville. Est-ce pour boucler la boucle ? Il y a 99 % de chances que je termine ma carrière d'entraîneur lorsque je ne serai plus performant avec l'OM. Est-ce que ce moment viendra dans un, deux, ou trois ans, je n'en sais rien. Mais alors là, oui, la boucle sera bouclée. J'aimerais seulement que mon passage à l'OM donne la possibilité à ce club de ne plus vivre un parcours qui ressemble à la courbe de température d'un malade. Que ferez-vous ensuite ? Je conseillerai sans doute encore un club ou un entraîneur. Peut-être des joueurs.? Mais seulement quatre ou cinq, pas plus. Sinon, on ne peut pas le faire sérieusement et ça devient ce que font les agents aujourd'hui qui s'occupent de trente joueurs à la fois pour faire le plus d'argent possible. Vous conseillez déjà des joueurs. Comme Peter Luccin, par exemple... Je me préoccupe en effet beaucoup de ce joueur. D'abord, parce que sa famille m'en a confié la responsablité et, surtout parce qu'il est pétri de talent. S'il avait eu un agent, il serait au Real aujourd'hui. Depuis six mois, il est moyen. Ce n'est pas un problème physique ou sportif. Il digère simplement le retour chez lui, près de sa famille, de son quartier, de ses amis. Il est en retard par rapport à ce que j'espérais, mais je ne veux surtout pas le brusquer ou le décevoir. D'ailleurs, depuis quelques jours, on entrevoit un autre Luccin. On verra ce qui se passera pour lui, mais ce joueur est digne du talent de Zidane, dans un rôle plus en retrait. |
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| Pouvez-vous éclairer le chassé-croisé de Noël entre Dugarry et la Juve ? Si le Juve s'y était mieux pris, Dugarry serait aujourd'hui à Turin. C'était le seul club qui aurait pu lui faire quitter Marseille où il est heureux. Nous l'avions mis à l'aise en lui disant de réfléchir. Nous avions même entamé des recherches pour le remplacer (soit par Rodriguez, soit par un étranger dotn je tairai le nom car il nous intéresse toujours). Mais les dirigeants italiens l'on fait mariner dix jours. Christophe a vu défiler les noms de tas d'autres joueurs qui étaient censés intéresser la Juve avant qu'elle reprenne contact. Finalement, Christophe, un peu vexé, a choisi Marseille, même s'il y avait son copain Zizou à Turin. Il continuera donc à faire partie de votre turn over ? Le turn over n'est pas nouveau pour moi, je procédais de même à Bordeaux. Cela se voyait moins, c'est tout, car un roulement Tholot-Diawara, ça n'intéressait personne. En général sauf blessures ou cartons, le joueur est au courant de son programme sur les trois matches qui viennent. Mais bon, il ne faut pas exagérer. Moi qui regarde la NBA, quand je vois Jordan sur le banc encourager ses partenaires des Chicago Bulls, je m'étonne qu'on me demande si c'est compliqué de mettre Pires et Ravanelli sur le banc. Et puis, globalement, la structure de l'équipe reste le même. Il y a toujours huit joueurs de la formation précédente qui rentrent sur le terrain au match d'après. En fait, les gars ne sont au repos complet qu'un match sur quatre ou cinq. Il y a beaucoup de grands noms à Marseille. Comment se gèrent les rumeurs forcément récurrentes quand il s'agit de l'OM ? En mars, le mois des fous, on ne pourra pas empêcher les gens de parler d'arrivées et de départs. Avant ces périodes stratégiques, j'essaye d'avoir des discussions à ce sujet avec les joueurs. Je leurs soumets une idée directrice pour la période que nous allons vivre sur le plan médiatique. En gros, je conseille de faire gaffe à ce que l'on dit, car tout peut être interprété. Après ils adhèrent ou pas. Ils sont responsables et pères de famille. |
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| Avez-vous le sentiment que votre groupe est né en août, lors de la deuxième
mi-temps du match OM-Montpellier, lorsque votre équipe menée 4-0 s'est
finalement imposée 5-4 ? C'était effectivement le scénario rêvé pour mettre en place un groupe, et il est certain qu'il s'est consolidé en passant en quarante-cinq minutes du ridicule à la victoire. Moi-même, je n'avais jamais connu cela dans de telle proportions. A la mi-temps, j'avais fixé un objectif : ganger ce demi-match de quarante-cinq minutes. Pour moi, c'était cela l'important, et je crois que si nous avions remonté seulement deux buts, la suite de la saison aurait été la même. On a fait mieux, et c'est ce qui me fait dire que ce genre de match fleure bon le titre de champion. Vous évoquiez tout à l'heure le public marseillais. Il vous adore aujourd'hui ! Cela n'est pas toujours vrai. Avec beaucoup d'affection j'appelle le public du Vélodrome les malchanceux. Lorsque nous perdons, ils sont 60 000 qui auraient proposé la bonne solution ! Enfin, heureusement que je n'écoute pas tout ce qu'on veut me soumettre. Sinon, Camara serait parti en Afrique, Ravanelli s'appellerait "Ravioli" pour toujours, Dugarry porterait le nom de "Dugâchis" et Pires jouerait à l'étranger, car "il n'a pas le caractère pour jouer au Vélodrome... |
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| Etes-vous touché lorsqu'on sous-estime ainsi votre travail ? Je m'agace, parfois. Par exemple, lorsque je lis çà ou là que certains de mes collègues clament que "l'OM va gagner le titre grâce à ses individualités". Si nous avons remporté autant de matches cette année et que nous sommes qualifiés en Coupe d'Europe, peut-être est-ce aussi un peu grâce à moi ? Peut-être ai-je été, par mon discours , par ma gestion des hommes, à l'origine de la complémentarité entre les joueurs ? Non ! Surtout pas ! Pour mes collègues, c'est le carnet de chèques de Roberts Louis-Dreyfus qui a tout fait. Le choc de la fin janvier sera Bordeaux-Marseille... Cette perspective m'est pénible. Je connais tous les joueurs bordelais, tout le monde au club. Même les nouveaux (Laslandes, Benarbia, Wiltord) faisaient partie de mes plans de recrutement. C'est un match qui me pèse. Pour tout vous dire, je considère que je l'ai déjà perdu, car il sera plus important pour Bordeaux que pour nous et que c'est touojours losqu'on veut trop gagner un match qu'on le perd. Alors, si on le gagne, ce sera du bonus car, de toute façon, il restera encore douze journées derrière. Ce qui est certain, c'est que nous ne ferons pas l'erreur du corbau qui tient son camembert dans le bec. Notre motivation et notre respect de l'adversaire seront intacts. Jusqu'à la fin du Championnat, nous éviterons ces erreurs et l'aventure devrait bien se terminer. C'est l'hystérie collective que vous critiquez ? Je ne critique pas pour le plaisir d'ouvrir ma gueule, mais j'ai vu tous ces hommes politiques dans les tribunes du Stade de France, ces passionnés venus sans aucune arrière-pensée électorale... on ne pouvait pas profiter de leur présence pour leur rappeler que sur les quatorze finalistes, treize jouent à l'étranger. Ne pouvait-on pas leur dire qu'ils quittent le pays à cause de la fiscalité ? Qu'on n'ait pas profité du bonheur et de ce succès pour mettre le nez des responsables politiques dans ce problème, c'est incroyable ! Je regrette, mais la belle famille du football français n'existe pas. Non, on préfère aller aux réceptions, chercher les médailles et fermer les yeux. Le niveau du Championnat aurait baissé ? Mais, non voyons ! Alors que je rencontre cette année, avec l'OM, des équipes qui auraient été derrière nous quand j'étais entraîneur de Toulouse en Deuxième Division ! |
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