Histoire de la Coupe du Monde 1994

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C'est une immense surprise pour beaucoup lorsque les États-Unis se voient confier l'honneur d'organiser la 15ème Coupe du Monde de la FIFA. Le "soccer", comme on l'appelle là-bas, n'y a jamais eu la notoriété de nombre d'autres sports.
Au Maroc, le principal rival des États-Unis dans la course à l'organisation, la déception est immense. L'Afrique n'avait jamais accueilli la Coupe du Monde de la FIFA depuis la création de l'épreuve en 1930
Mais avec seulement deux stades dignes de ce nom, le Maroc ne disposait pas des équipements nécessaires à l'organisation d'une épreuve aussi importante.
En choisissant les Etats-Unis, João Havelange, président de la FIFA à l'époque, franchit une nouvelle frontière.
147 pays - un nouveau record - participent aux éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA 1994. Parmi eux, l'Afrique du Sud, de retour après de longues années d'exclusion.
Beaucoup de gros calibres, cependant, ne parviennent pas à obtenir leur billet pour la phase finale : l'Angleterre, le Danemark, champion d'Europe 1992, le Portugal ou la Pologne Également absente, la Yougoslavie, où la guerre civile avec la Bosnie fait rage. Vingt-quatre pays disputent donc la phase finale de cette 15ème Coupe du Monde de la FIFA.Mais comment parler de la Coupe du monde 94 sans porter un dernier regard sur le groupe de l'équipe de France ?
Après un début difficile dans la compétition elle se rétablit superbement et aligne une série impressionnante de treize points sur quatorze possibles.
Le voyage pour l'Amérique est à portée de main.
Le calendrier des Bleus, habilement négocié prévoit que les deux derniers matches se dérouleront à domicile, dans un Parc-des-Princes qui a apporté tant de bonheur à l'équipe de France par le passé.
Le France-Bulgarie de 77, le France-Pays-Bas de 81 où le France-Yougoslavie de 85 sont autant de souvenirs gravés dans la mémoire collective, de vraies références pour ces nouveaux Bleus en quête de gloire.

Ils leur restent donc deux rencontres et un point à prendre face à Israël et à la Bulgarie. Le vol Paris-New-Yord à 180 minutes.
Lorsque l'équipe d'Israël débarque, elle représente un bilan sportif épouvantable : corrigée en Autriche (5-2) écrasée en Suède (5-0), laminée chez elle (3-1 par la Suède 2-0 par la Bulgarie et 4-0 par la France) ses hauts faits d'arme consistent en un nul en Bulgarie (2-2 à Sofia) et un autre en Finlande (0-0 à Helsinki).
Elle quitte pourtant les lieux avec une incroyable victoire (3-2) qui n'est pas le produit d'un jour miracle mais la conjugaison d'une désagrégation incompréhensible de l'équipe de France et d'une volonté de défendre chèrement sa peau.
Le 17 novembre 93 tout le pays retient son souffle et espère revivre la copie du France-Bulgarie de 77. A 30 secondes de la fin, le score d'un but partout n'est pas glorieux mais il ouvre les portes du Mondial. Les trente secondes les plus longues de l'histoire du football français.
Et les plus effroyables. Faute sur Ginola à droite près de la surface de réparation bulgare. Le coup-franc en faveur des Français autorise tous les espoirs mais au moment où il convient de gagner quelques précieuses secondes Ginola le joue rapidement et aveuglément en balançant un centre qui ne trouve aucun preneur sauf un Bulgare, Kreminliev, un arrière droit sans véritable occupation. Vingt secondes plus tard le ballon est passé de pied en pied sans la moindre opposition et Kostadinov arme un tir qui se loge sous la barre transversale de Lama.
La France qui devait prendre un tout petit point en deux matches vient d'en perdre quatre sur quatre. C'est l'accablement général.
C'est ainsi que toute une génération de bons joueurs français passe à côté du bonheur de vivre une Coupe du Monde. Il lui restera le goût amer de la frustration à tout jamais.

Comble de l'acharnement pour l'équipe de France en phase finale, les deux équipes qui lui sont passées sous le nez la Bulgarie et la Suède réalisent un excellent parcours.
Jusque-là en cinq participations (62-66-70-74-86) la Bulgarie n'a jamais remporté une seule rencontre de Coupe du monde. L'erreur est réparée en s'imposant face à la Grèce (4-0) et l'Argentine (2-0) Stoïchkov et les siens comblent cette lacune.

Mieux, ils éliminent l'Allemagne en quarts de finale et ne doivent qu'à la patte magique de Roberto Baggio de céder face à l'Italie en demi-finale.
Quant à la Suède, elle se comporte si bien qu'elle termine à la troisième place de l'épreuve en battant la Bulgarie dans le match de classement.
Disputée durant un mois de chaleur intense, la Coupe du Monde de la FIFA attire un nombre record de spectateurs (3 587 538).
Les Etats-Unis vivent leur Coupe du monde dans la joie la gaieté et la convivialité.
Les stades sont abondamment garnis les supportes font preuve d'un fair-play contagieux et le spectacle sur le terrain finalement n'est pas si désagréable malgré la chaleur torride qui règne sur la plupart des villes au moment du coup d'envoi des matches. Certes en dehors des stades la population américaine ne vit pas au rythme du soccer, mais l'intérêt porté à la World Cup ne s'en trouve pas affecté pour autant.
Un fait important retient l'attention au premier tour.
Il y a cette farce triste et cruelle jouée par Diego Maradona qui cultive jusqu'au bout l'ambiguïté d'un personnage mi-ange mi-démon incapable de se rendre maître réellement de son existence.
Soupçonné de dopage lors du match de l'Argentine contre le Nigéria il doit quitter la Coupe du monde sans gloire.
Le premier tour, au cours duquel une victoire vaut désormais trois points, apporte son petit lot de surprises, avec la qualification inattendue des États-Unis et de l'Arabie Saoudite - dont l'attaquant Al Owairan inscrit le plus beau but du tournoi - pour les huitièmes de finale.
La Russie, de son côté, malgré les cinq buts (un record !) marqués par Oleg Salenko contre le Cameroun, manque cette qualification.
Tout comme les Lions indomptables vraiment décevants, même si Milla confirme son " titre " de buteur le plus âgé de la compétition, en marquant un but à 42 ans, 1 mois et 8 jours !
Il y a aussi la déception causée par l'élimination de la Colombie qu'on a peut-être imaginée plus forte qu'elle n'était en réalité. Et comme on ne badine pas avec le football là-bas sitôt rentré chez lui à Medelin, le défenseur Andrès Escobar jugé responsable de la défaite contre les Etats-Unis est exécuté en pleine ville par des parieurs mécontents.
Et le Brésil ? Tout va bien pour lui, sa défense est solide son milieu compact et son attaque composée de Romario et de Bebeto exécute des numéros de grande classe.
Ce n'est pas le Brésil de 70 loin de là, vingt-quatre ans après la presse brésilienne lui demande aussi de décrocher la lune.
Les Brésiliens ont du mal en huitième contre les USA avec l'expulsion de Léonardo et ne s'impose que sur un but de Bebeto à la 72eme minute.
En quart de finale, le Brésil se retrouve seul face à sept pays européens, dont l'Italie, qui continue de croire à ses chances.
Le quart de finale entre le Brésil et les Pays-Bas se révèle être LE match du tounoi, Dunga et ses coéquipiers l'emportant finalement 3-2 après avoir mené 2-0.
Les rois du football samba se font bouger mais une frappe surpuissante du vétéran Branco à quelques minutes de la fin les propulsent en demi-finale.
Le Brésil réalise son meilleur match de la compétition à l'occasion de ce match à Dallas
La rencontre est superbe sans doute la plus belle du mois et les Néerlandais y ont une part de mérite. Ils développent sans complexe une stratégie franche et directe.
D'un côté le ballon virevolte d'un pied à l'autre même dans un mouchoir de poche de l'autre il prend les grands espaces.
C'est au cours de cette rencontre que Bebeto, Mazinho et Romario miment le bercement de Mattheus, le nouveau-né de Bebeto, venu au monde quelques jours plus tôt.
Cette image fera le tour du monde.
Les Transalpins frôlent la catastrophe lors du premier tour avant de parvenir à se glisser en huitième de finale

Ils vont s'apppuyer sue un remarquable Roberto Baggio qui va être l'animateur de cette Coupe du Monde avec Romario.
Menés 1-0 par le Nigeria à 90 secondes de la fin, ils réussissent leur plus beau tour de passe-passe.
Leur sauveur s'appelle Roberto Baggio, un joueur pétri de talent, qui les aide ensuite à battre l'Espagne en quarts de finale (2-1),
Puis la Bulgarie (2-1) en demi-finale, après que les Bulgares eurent surpris tout le monde en terrassant les champions en titre allemands.
Roberto Baggio d'un côté, Romario de l'autre qualifient l'Italie et le Brésil pour fla finale du Rose Browl de Pasadena dans une réplique étonnante de la finale de 70.
Avec trois victoires chacune en Coupe du Monde c'est une question de suprématie qui se joue dans la règle de l'art.
Pour la troisième place, ce sont les deux adversaires de la France en qualification qui se retrouvent à un niveau remarquable.
Dans un match où les deux camps sont souvent abattus de ne pas disputer la « vraie » finale, les matchs sont débridés.

Cette rencontre n'échappa pas à la règle et la Suède fit exploser son homologue bulgare qui paraissait bien plus démobilisée qu'elle, en passant quatre buts en 40 minutes de jeu.
Troisième place pour des Suédois que l'on n'attendait pas à ce niveau de la compétition, de même que les Bulgares, qui finissent à la quatrième place.
Hristo Stoichkov finit meilleur buteur du tournoi.
En entrant sur le terrain, les Brésiliens se donnent la main pour mieux faire circuler le fluide d'une énergie collective. Les Italiens ont un masque tendu, cadenassé par l'angoisse. Les deux équipes n'ont pas l'humeur vagabonde. Elles paraissent sérieuses, et terriblement concentrées. A l'évidence c'est une tragédie qu'elles s'apprêtent à jouer sur le feu de la pelouse.
Le poids de la tactique pèse comme une chape de plomb sur cette finale qui ne se débride jamais. Cadenassée de part et d'autre, elle nous entraîne dans une prolongation qui ne mène nulle part. Où plutôt vers une issue ô combien déplaisante.
Romario ne marque pas en finale, il échoue de peu durant les prolongations mais restera le grand bonhomme de ce mondial avec Baggio.
Pour la première fois de l'histoire la Coupe du monde doit être jouée comme une vulgaire partie de pile ou face durant la séance de tris au but.
Et là; l'Italie est trahie par ses deux hommes de base (Baresi et Baggio) alors que Massaro échoue sur Taffarel Bebeto ne prend même pas la peine de tirer.
Le Brésil entre définitivement dans la grande histoire du football mondial en remportant son quatrième titre après ceux de 58, 62 et 70 qui représente un exploit unique en son genre.Un tire de champion du monde qu'il remettra en jeu quatre ans plus tard en France à l'occasion de la dernière du siècle.