De Rossi, successeur de Totti

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Réclamé par le Milan AC qui souhaitait un échange Cafu plus Jankulovski avec une somme d’argent en bonus.
Approché aussi par l’inter, prêt à débourser plus de 20 millions d’euros ou prêt à échanger Grosso plus Samuel pour compter ce joueur sans ses rangs. Pisté aussi depuis plusieurs années par Manchester, prêt à renchérir pour s’attacher les services de ce joueur. Premier choix des supporters du Barca pour le recrutement de cette année devant Henry, alors que le real sous l’ère Capello avait déjà tenté de le débaucher à la Roma. De Rossi se voit donc très courtisé aux quatre coins de l’Europe.
La Roma veut 28 millions d’euros pour son joueur, sachant pertinemment que ce joueur à tout point de vue est exceptionnel
De Rossi lui semble, à l’image du fidèle Totti, ancré dans sa ville de Rome à jamais comme il vient de le déclarer dans une interview du mois de juillet, le jour de ses 24 ans : "En jouant 10-12 ans, il se pourrait que je gagne moins qu'ailleurs. Cependant, on peut être très grand à l'AS Roma même sans gagner. Ensuite, si on gagne ici, on entre dans l'histoire de la ville. Je veux rester".
Par cette déclaration, De Rossi nous prouve son amour du maillot giallorosso et nous réconcilie avec le football et les footballeurs devenus plus souvent des mercenaires qui ne tirent aucune fierté de porter les couleurs de clubs mythiques.
Retraçons la carrière de ce joueur d’honneur qui fera à l’avenir les beaux jours de la Roma mais aussi de la sélection nationale italienne
Daniele de Rossi est né à Rome dans le quartier maritime d’Ostia, le 24 juillet 1983. Le fait majeur qui influença son parcours professionnel est d’être né dans une famille complètement romanista, pour preuve son père Alberto, est actuellement l’entraineur de la primavera de la Roma, il est aussi l’entraineur le plus titré de la Roma chez les jeunes ; il est de faite un des membres importants depuis des années du club romain. La carrière en club du jeune Daniele commence dans le club de son quartier l’Associazione Sportiva Ostia Mare, ce club est connu comme celui qui a reçu la plus grosse amende par la fédération italienne dans sa catégorie, notons qu’à cette époque De Rossi est un prometteur et prolifique attaquant.
A 17 ans, il exauce enfin son rêve, il est recruté dans le club qui le fait rêver depuis qu’il est en âge de toucher la balle, la Roma. La rumeur dit qu’il fût repéré par Totti venu assister à l’entrainement des jeunes, il s’émerveilla des capacités du jeune de Rossi et sollicita les dirigeants pour l’inclure immédiatement au groupe pro. Capello l’intégra à l’équipe qui s’en alla faire match nul à Anderlecht en champions league. Ensuite il fit quelques apparitions en fin de match dans le championnat Italien, même si il ne joua pas beaucoup cette saison là, il s’aguerrit au haut niveau côtoyant les meilleurs joueurs de Rome.
La seconde partie de la saison 2002-2003 fut celle de l’avènement De Rossi,
Après plusieurs apparitions il gagna enfin sa place de titulaire aux yeux du difficile technicien Capello. Son premier match en tant que titulaire, le 10 mai 2003 contre le Torino, il inscrit son premier but. Depuis ce jour, De Rossi est devenu titulaire indiscutable dans l’effectif romain quelque soit l’entraineur en poste.
La saison 2003-2004, il apprend énormément à coté de joueurs comme Emerson et Totti, travaillant aussi bien la récupération avec Emerson que la création avec son ami et modèle sur le terrain Totti. Cette année là où sa progression est remarquable, il reçoit sa première convocation pour porter le maillot de la squadra azzura. La saison suivante n’est pas la meilleure de l’as Roma, à l’image de son équipe il débute difficilement le championnat mais comme tout le groupe il se reprend et la Roma finit à une huitième place. Les problèmes sur le banc de touche cette année là pénalisèrent la progression constante de ce joueur de devoir.
La renaissance de la Roma et de De Rossi est du à l’entraineur Luciano Spalletti, un de ses mentors avec Lippi dont il reconnaît que l’équipe d’Italie et lui même lui doivent beaucoup. En l’absence de Totti ou de Panucci, il est tout naturellement désigné capitaine et s’affirme comme un guerrier meneur d’homme.
Avec le maillot de l’équipe des moins de 21 ans de l’Italie, il est depuis longtemps un des leaders. Les trophées avec le maillot azzuri commencent en 2004.
L’Italie remporte le championnat d’Europe des moins de 21 sous la baguette de Claudio Gentile, qui lui a transmis son agressivité dans le jeu et son tempérament de lâche rien.
C’est le premier succès qu’il remporte avec la nationale, il est un des principaux artisans de la victoire de cette équipe, capable à 20 ans de maitriser le milieu de terrain grâce à son expérience et son calme dans le jeu. La suite chez les équipes de jeune est une troisième place aux jeux olympiques d’Athènes toujours en 2004, la aussi il réussit des prestations admirables, attisant déjà la convoitise de plusieurs clubs avides de piller la Roma d’un joueur de talent, alors que depuis des années ces mêmes clubs tentent en vain d’attirer le maître à jouer de la Roma, Francesco Totti.
La consécration dans sa courte mais déjà riche carrière pour l’instant est la coupe du monde 2006 en Allemagne. Lippi le sélectionne devant des joueurs plus expérimentés qui auraient pu prétendre à une place dans le groupe. Il part titulaire au début de la compétition, malheureusement à cause de son tempérament il perd sa place pour un événement qu’on approfondira plus tard. Il fait pourtant son retour, après 4 matches de suspensions, lors de la finale en remplacement de Totti, toujours diminué par une récente opération à la cheville et donc loin de son niveau habituel. Il fait un excellent match apportant la fraicheur qui manquait à l’équipe d’Italie suite à la demi-finale épique contre l’Allemagne. Il réussit à combler les brèches et compenser la fatigue de ses partenaires. Par sa technique il réussit à stabiliser l’Italie au milieu et à tenir précieusement le ballon dans les moments critiques.
Les nerfs solides à 23 ans, il n’hésite pas à tirer le 3éme penalty de l’équipe d’Italie, un échec lors de cette fatale épreuve des tirs aux buts aurait été, après son geste lors d’Etats unis- Italie, tragique pour le reste de sa carrière. A 23 ans, il est sacré champion du monde en compagnie de ses coéquipiers de la Roma, Perrota et Francesco Totti.
De Rossi à le sang chaud, loin d’être un joueur brutal ou agressif il est de cette race de joueurs qui portent la victoire en eux et qui rendent coup pour coup à leurs adversaires jusqu’à parfois dépasser la limite.
Loin d’excuser son geste comme les français l’ont fait pour Zidane, l’Italie n’a pas compris et n’a pas accepté ce geste.
Les medias transalpins ne lui trouvèrent aucune excuse et les journaux le lendemain l’accablèrent. Fortement réprimandé par Lippi, il dû écrire une lettre d’excuses à la FIFA, mais surtout s’excuser publiquement de son geste au joueur à qui il avait éclaté le nez, à l’inverse de Zidane qui récidiva devant la France entière en tenant des propos incohérents et en affirmant qu’il ne regrettait pas son geste, et que même si c’était à refaire il recommencerait, donnant ainsi un bel exemple à tous les jeunes footballeurs.
Si pour beaucoup le geste de De Rossi restera dans sa carrière comme une tache noire, il y en a cependant d’autres faits qui méritent d’être cités et qui prouvent son fair-play, comme le match Roma-Messina où après avoir marqué un but de la main accepté par l’arbitre, il vint avouer sa faute à l’arbitre, faisant ainsi invalider son but. .
De par son poste on pourrait le percevoir comme un joueur agressif comme Gattuso à ses débuts.

Mais De Rossi a toujours le geste juste, il commet rarement des fautes grossières, son seul default serait peut être d’avoir un bouillant caractère
Beaucoup de commentateurs, d’anciens joueurs ou des personnes imminentes dans le monde du foot le voient comme le milieu de terrain moderne complet, capable de se replier rapidement après avoir accompagné une offensive, de récupérer le ballon, de distiller le jeu, de participer à la construction, de combiner dans les phases offensives, de tenir le ballon, dribbler, passer, frapper. Il dispose d’un bon jeu de tête avec son mètre quatre vingt quatre, il a un volume de jeu impressionnant et surtout déploie une agressivité naturelle dans les duels qui se révèle décisive à son poste.
Son plus beau trophée pourtant à ses yeux et la déclaration d’amour que lui fait sa ville à chaque match, Rome le considère comme le nouveau Totti. L’amour entre le club la ville et le joueur est réciproque, récemment il déclarait encore : "Je suis fou amoureux de Rome et de la Roma, et de tout ce que j'ai fait et ait à faire pour l'équipe et la ville. C'est pourquoi j'aimerais redire une chose : Mon désir est de rester giallorosso toute ma vie. Et sincèrement, même si dans le football on ne peut jamais dire jamais, je suis sûr que ça se passera comme ça, je sens autour de moi l'estime et l'affection de la societa, de Rosella Sensi, et naturellement de Francesco, notre président."
Espérons que cette passion entre le club et ce joueur aux talents exceptionnels durera « ad vitam eternam » à l’instar de Rome l’eternel.
Interview de De Rossi :
http://www.cesololaroma.com/article.php?id=545
Vidéo de De Rossi :
http://www.youtube.com/watch?v=vYHckjRnib0