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| Catane ville de 330 000 habitants a deux passions, le football et son club
du Calcio Catania. Premier port de l’ile, deuxième ville la plus peuplée
de Sicile après Palerme, située au pied de l’Etna, Catane a tout pour elle,
même les terres les plus fertiles de Sicile. Pour preuve de sa richesse
incroyable, Catane est classée patrimoine mondial de l’humanité depuis
2002. Comme tous les ports, la ville de Catane est tournée vers le reste
du monde et c’est ouvert à toute les cultures à travers les âges qu’elles
soient grecque, byzantine, normande ou arabe. Tous ces mélanges de cultures
méditerranéennes ou autres ont crée un tempérament bouillant et qui se
traduit dans les murs de la ville par une passion commune, le Calcio Catania. Le foot voit le jour en 1908 grâce à Gaetano Ventimiglia et Francesco Sturzo d'Aldobrando qui créent L’Associazione Sportiva pro Educazione Fisica Pro Patria. En 1910, on change la dénomination du club pour la rendre plus fédératrice, l’équipe prend le nom d’Unione Sportiva Catanese. La première compétition officielle sera le championnat de Sicile, les Etnei y remportent leurs 2 premiers trophées, ils participent aussi à la coupe de Sicile mais sans résultats probants. Son inscription au championnat nationale date de 1929, on l’inscrit dans la seconda divisione sous le nom de Società Sportiva Catania. Les années sombres de l’Italie de l’époque rebaptisèrent le club en Associazione Calcio Fascista Catania. La première saison dans l’élite italien, en série B se déroule en 34-35, pendant 4 années jusqu’à la guerre les rossoazzurri y évolueront. |
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Symbole du club, l’éléphant. Les arabes appelaient cette ville, Balad-al-Fil (Le Village ou Le Territoire de l’Éléphant), Madinat-al-Fil (La Cité de l’Éléphant), et aussi avec la possible translation de l’Arabe vers l’hébreu, Kiryat Piyl (La Cité de l’Éléphant). Le club renait après guerre en ’46, le nom fasciste fut balayé et remplacé par Club Calcio Catania. Si la ville reprend gout au football, elle le doit à la passion d’un homme pour ce jeu, Santi Manganaro-Passanisi. Le club restera en série C pendant 3 ans avant de gratter la série B. la première saison pleine en B sera en ’53, l’équipe gagne son accession à la série A grâce notamment à Antonio Seveso, gardien arraché du Milan. |
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| Malheureusement le peuple de Catane ne goutera à la série A que pour une année, le club redescend automatiquement l’année suivante par décision de la lega nazionale pour illicite sportif, malgré une bonne 12éme place au général. Ayant pris gout à l’élite du football européen, le calcio, Catane se bat pour revivre une nouvelle expérience en A. elle n’y parviendra qu’au début des années ‘60. Les Etnei s’y maintiennent pendant 6 saisons, leurs meilleurs classements furent trois fois la huitième en championnat. En ’64 l’équipe se hissera jusqu’en finale della coppa delle Alpi mais sera battu par l’intraitable Genoa de l’époque. Catane ne brille pas par sa régularité par contre elle réussit souvent des exploits dans des matches épiques contre les grosses cylindrées, ce qui inspirera la phrase d’un célèbre journalise : « clamorosa al Cibali ». | ![]() |
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Après ces fastes années, les rossoazzurri sont en déclin dans le jeu et se voit condamnée à la série B en ‘65-‘66. Catane se battra pendant de longues années pour retrouver les cimes du football italien. En ‘83 le club gagne sa montée une nouvelle fois en A. Cette saison de série B prouvera la force populaire du club. Classée 3éme ex-æquo avec la Cremonese(club formateur de joueur comme Favalli, Vialli, Attilio Lombardo ou Chiesa) et Como, Catane doit jouer les matches de barrage pour gagner sa place en A. |
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« ancora quei 40.000 dell'Olimpico me li sogno la notte». Ce déplacement fut l’une des plus grosses migrations de tifosi dans le championnat Italien et en Europe, un record toujours d’actualité. L’émotion fut elle que le mythique président massimino fur pris d’un malaise aux trois coups de sifflets final. Avec ce soutien massif qu’on baptisa « Il grande esodo da Catania », les Etnei gagnèrent leur place en A. Les fideles et bouillant supporters du club vont pourtant rapidement déchanter face aux résultats calamiteux en série A. le club est dés l’année suivante rétrogradé en série B avec un triste de record de 12 points récoltés en 30 journées. Cette contre performance démobilisera les divers intervenants du club que ce soit tifosi, joueurs et dirigeants. Le club pris dans une spirale négative, naviguera lamentablement entre la série B et la série C girone B. le club sera même radiée en 1993 par la FIGC pour problèmes financiers (inadempienze finanziarie). |
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| Après de longue bataille juridique, l’équipe est autorisée à repartir
en série di eccelenza siciliana(équivalent de la sixième division). En 2001-2002, le club est enfin promu en série B grâce à l’appui de la famille Gaucci et notamment du fils Ricardo. Cette même année 2002, le stadio dei Cibali nom du quartier où il est implanté prend le nom de stadio Angelo Massimino en hommage au président du club de ‘69 à ‘96 et surement le meilleur président que le club est connu. |
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Dernière photo lors de ses funerailles et l’hommage rendu par la ville de Catane reconnaissante. Exilé en argentine ou il fit fortune dans le bâtiment avant de rentrer au pays, il se fait rapidement connaître pour ses fameuses déclarations teintées d’ironie et d’humour souvent involontaire comme : - « Quel portiere non ha niente di paranormale: è un portiere che para normale... ». - « Sto andando in un paese che non vi dico, a comprare due campioni brasiliani ». - « I nostri tifosi ci seguiranno dappertutto e con tutti i mezzi a disposizione, come pullman, treni e voli charleston. » |
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| - Giornalista: "Presidente, al Catania manca l'amalgama". Massimino: "Ditemi dove gioca e io lo compro." - Massimino: "La settimana scorsa abbiamo andato a giocare a Modena". Giornalista: "Presidente: "Siamo andati" Massimino: "Perché, hai venuto pure tu?" - Massimino (Al ristorante, di fronte ad una fetta di salmone):: "Cameriere, lo porti via questo prosciutto che puzza di pesce |
La saison sportive qui se profile en série B sera un échec malgré les investissements comme le joueur Belge Luis Oliveira qui décevra. Les entraineurs se succèdent d’abord le duo Maurizio Pellegrino - Francesco Graziani, l'ex "madridista" John Benjamin Toshack, Edoardo Reja et Vincenzo Guerini, sans sucées le club est rétrogradé en série C1. Suite à la reforme de la série B, les Etnei sont maintenus dans le championnat par chance. Avec une 9éme place lors du championnat 2003-2004, la seule satisfaction du club est le joueur Mascara. Le niveau de jeu de l’équipe est loin des ambitions de la famille Gaucci, le club est revendu l’année suivante à Antonio Pulvirenti. | ||
| Le nouvel actionnaire, propriétaire aussi de la compagnie aérienne Windjet promet aux supporters la série A en trois années. De l’Acireale, un club historique implanté en Sicile ancienne propriété de Pulvirenti, arrivent des joueurs comme Maurizio Anastasi, Massimo Lo Monaco, Ciro Polito, Orazio Russo et Andrea Suriano. Sur le banc prend place Nedo Sonetti, d’habitude spécialiste des sauvetages de clubs en difficultés. Avec des renforts brésiliens à l’intersaison comme César ou Jeda, le club fait une honnête saison mais loin des objectifs initiaux, au final une treizième place. 2005-2006 est enfin l’année de Catane, les rossoazzurri obtiennent facilement leur accession à la série A, après 20 ans d’attente de la part des tifosi. |
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| Les artisans de cette montée en puissance sont d’abord le président qui n’a pas hésité à renforcer son équipe, ensuite l’entraineur Pasquale Marino, puis les joueurs tel que Armando Pantanelli, Paolo Bianco, Cristian Silvestri, Fabio Caserta et Orazio Russo | ou les nouveaux arrivées tel que Ginonata spinesi, Umberto Del Core, Roberto De Zerbi, Davide Baiocco et enfin surtout grâce aux tifosi fideles qui pendant ces 20 années de galères n’ont jamais cessé de croire et d’encourager l’emblème de leur ville. | ||
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Après une année si paisible sans problème majeur le club allait connaître
l’année noire de son histoire lors de la saison 2006-2007. Sportivement
tout va pour le mieux, Catane pointe à une incroyable 4éme place avec 29
points inscrits, jusqu’aux terribles événements du 2 février, journée noire
pour tout le football italien. Lors d’un eternel derby passionné entre Palerme et Catane, qui se recroisent enfin en série A, des rixes éclatent à la fin du match entre tifosi. Essayons de revoir la chronologie des faits et de les expliquer. L’avant-match commence par un feu d’artifice en l’honneur de Santa Agata, patronne de Catane et aussi un hommage à un éducateur mort en voulant empêcher les pseudo-supporters de Cancallese de s’en prendre aux joueurs de son club de Sanmartinese est improvisé. |
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| Les supporters palermitains arrivèrent seulement 10 mn après le début de la seconde période, les supporters de Catane tentèrent une première fois d’entrer en contact avec leurs invités. A la suite de divers incidents dans les tribunes, échanges de fumigènes entre tifosi, bagarre à certain points chauds du stade, les forces de l’ordre gazent à la lacrymogène la curva nord, les scènes de panique dans les rangs des tifosi accrurent la tension dans les tribunes. A la fin du match, les supporters des deux équipes se retournèrent contre les forces de l’ordre et les scènes de guérilla urbaine envahirent la ville de Catane, le tout retransmis en direct par les cameras de la RAI. | ![]() |
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Après ces terribles incidents contrairement à d’autre pays comme la France,
l’Italie prend des mesures concrètes pour tenter d’éradiquer le problème.
Déjà l’état ne cède pas devant les partisans d’un sordide retour à la compétition pour des raisons pécuniaires comme le préconise dans ses déclarations le président de ligue de football italienne, Antonio Matarrese en déclarant d’une part à la radio de "Le football ne doit jamais s'arrêter" ou d’autre part avec ces propos absurdes tenus au journal « la republica » : "Les morts dans le système footballistique font malheureusement partie de ce gigantesque mouvement que la police n'est toujours pas en mesure de contrôler." |
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| Le calcio fut interrompu par Luca Pancalli, le commissaire extraordinaire
de la Fédération italienne, à l’inverse de la ligue 1 qui suite à l’événement
du parc de prince ne suspendit aucun match. La série A ne reprit que 2 semaines plus tard. Touché par ses événements, Luca Pancalli déclara à la presse pour justifier la suspension du football aux sceptiques de cette restriction : En ce moment, je suis trop bouleversé, en tant qu'Italien et en tant qu'homme du sport. J'aimerais qu'on ne reparte pas tant que l'on n'aura pas isolé ces enragés. Il s'agit de délinquance pure, ils ne devraient pas avoir accès au stade. Il faut donner des réponses sévères et fortes». |
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L’Italie, loin des discours stériles et polémiques de circonstances habituelles
dans les pays latins, prit des décisions importantes pour la sécurité dans
les stades. Les mesures importantes prises par l’état italien furent : |
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- Possibilité pour les policiers d’arrêter un supporter sans mandat 48 heures après un délit. - Interdiction de stade, le Daspo (Divieto di accesso alle manifestazioni sportive), étendue aux mineurs et pourra s’exercer de manière préventive. Les supporters concernés ne devront plus seulement passer à la mairie le dimanche matin mais devront effectuer des travaux d’intérêts généraux pendant les matchs |
- Impossibilité d’acheter des billets groupés, limitant ainsi les voyages de supporters. - Interdire rapports entre entreprises et groupes de tifosi ultras - Privatisation des stades, pour mettre fin aux conflits entre mairies et sociétés utilisatrices sur la prise en charge des dépenses d’entretien et de rénovation, conflits qui ont retardé la mise aux normes des stades. |
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Concrètement nombre de clubs aux stades non conformes durent jouer à huis clos jusqu’à mises aux normes. Catane lui fut condamné à jouer la fin de sa saison à l’extérieur et sans public pour éviter tous nouveaux débordements. L’enquête pour trouver les assassins du policier, s’étendit dans la population des tifosi notamment ultra. Une perquisition au siège d'une des organisations d'ultras, dans le quartier déshérité du Librino, permis de découvrir une véritable caverne d'Ali Baba : un millier de pilules d'ecstasy, de l'herbe, du matériel pour dealer et des bombes artisanales entre autre. Des amalgames sont fait entre tifosi, ultra, baby gang ou Cosa Nostra comme tente de l’expliquer un journaliste de « la sicilia » : «Les mineurs, qui constituent ce que l'on appelle le baby gang, n'ont rien à voir avec les ultras. |
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| Partout où ils vont en ville, ces ragazzini foutent le bordel. Les ultras, eux, aiment et défendent leur équipe. Les membres du baby gang ne croient en rien. Ils viennent des quartiers périphériques comme le Librino, où la haine de l'autorité se transmet de père en fils. Maintenant, durant l'intifada de vendredi dernier, l'occasion faisant le larron, il est probable que tout le monde ait fait cause commune.» Des questions récurrentes se posent aussi sur le rôle de Cosa Nostra, est ce que des clubs professionnels de l’ile peuvent évoluer en série A sans payer l’impôt local « le pizzo » ? Ou ces clubs sont ils dirigés en sous main par des membres de l’organisation ? John Foot, historien du football italien et universitaire à Milan, tente de trouver des réponses mais conclue que « Cosa Nostra est peut-être impliquée dans d'autres domaines du Calcio, mais, en ce qui concerne la violence dans les stades, elle est partout présente, du nord au sud.» |
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D’autres sont plus fataliste comme le député européen Catanais Claudio Fava qui déclare que «L'illégalité est devenue un sport national dans la région » ou encore que « Si la mafia ne tue presque plus, elle ne veut pas abandonner le terrain. Le contrôle est indirect mais total, dans les curves comme dans les fêtes religieuses », précisément sur le drame de Catane, il conclut que : «on ne peut réduire les émeutes de vendredi à une affaire de gamins sans morale. A la base, il y a une volonté de refuser la légalité et de constituer une zone de non-droit où tout est régi selon des critères de tribus, une logique de territoire.» Même le président de la commission anti mafia parlementaire ira de sa petite phrase en déclarant que la ‘Ndrangheta se servait des curve de Calabre et de Sicile pour vendre sa drogue. |
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| Sur un plan purement sportif, les supporters qui avaient apportées un soutien sans faille au club, par leur comportement excessif venait de briser l’élan de leur équipe et de le discréditer aux yeux des passionnés de football. À jamais Catane restera la ville où un policier aura trouvé la mort pas la folie de ses supporters. Les rossoazzurri finirent leur championnat en ne marquant que 9 points lors des matches retours, de la 4éme place avant les événements, ils finirent 13éme au final de cette tragique nuit du 2 février qui couta la vie d’un homme et en blessa 70 autres. Le club, toujours en série A, est toujours marqué pas cette tragique soirée. Le ménage dans le milieu ultra en partie accompli, le club se remet doucement à penser football. L’ironie du sort est que ce sont les supporters fideles du club qui payent pour la minorité violente infiltrée. |
Avec Baldini à la barre de l’équipe, les Etnei tentent de reconstruire leur image en proposant un spectacle sur le terrain plutôt qu’en tribune ou en dehors du stade. Avec actuellement des résultats moyens qui les plongent dans le ventre mou du tableau, les joueurs devront se battre à chaque journée de championnat pour maintenir cette antique place du ballon parmi l’élite Italienne. Espérons à l’avenir que ces supporters qui ont tant fait pour le club dans les saisons passées continueront à encourager leur équipe comme de vrais passionnés de ballon, plutôt que de l’enfoncer avec de dramatiques incidents indigne des traditionnels, respectueux et fideles tifosi de ce club, comme ceux qui descendirent dans les rues de Rome à plus de 40000 personnes aux couleurs rosso-azzurri et qui chantèrent l’hymne du club forza Catania dans les travées du stadio olimpico le 25 juin 1983 pour défendre l’emblème de leur cité sans créer le moindre incident. |